Hausse des prix à l'épicerie: le pire serait derrière nous

Un expert croit que les prix des aliments baisseront dans les prochains mois

Mon Fric

Un expert a déclaré que l'inflation sur les denrées alimentaires devrait diminuer au cours des mois à venir.

Entre juin 2021 et juin 2020, on a assisté à une augmentation de 8,8 % du prix des aliments, mais comme l'a expliqué Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire en science analytique agroalimentaire de l’Université Dalhousie, à Halifax, ce phénomène pourrait tirer à sa fin.

En effet, selon M. Charlebois, on devrait assister progressivement à une atténuation des effets de la pandémie: «L’essentiel des mesures liées à la COVID sont probablement derrière nous, les mesures en ce qui a trait à la logistique, ce qui pourrait influencer l’efficacité des chaînes, alors c’est plus facile pour les entreprises de planifier.»

S'il y a un autre facteur qui risque de favoriser les consommateurs, c'est que le prix des produits de base subira aussi une diminution: «Pour ce qui est de l’ensemble des denrées, le blé, l’orge, le tournesol, le soya, c’est tout à la baisse, donc ça exerce moins de pression sur la transformation. Le coût des intrants est maîtrisé et le coût énergétique est aussi en baisse. [...] On s’attend à ce que le taux d’inflation alimentaire continue de diminuer. »

Selon M. Charlebois, les rabais à l'épicerie pourraient aussi se faire moins rares qu'au cours de la dernière année: «On croit que le taux d’inflation de 9,7 % qu’on a vu au mois de mai était le sommet. [...] On permet à l’industrie de planifier et d’offrir potentiellement des rabais, des produits en promotion, des produits de rappel, des choses qu’on n'a pas vues beaucoup depuis deux, trois ans. »

L'expert a d'ailleurs fait remarquer que le prix de plusieurs produits a commencé à diminuer dans les six derniers mois: «Le poulet et le porc sont moins chers qu’en décembre. [...] Il y a quand même de quoi se réjouir. On voit que les choses sont plus stables, que certains produits sont moins chers qu’en décembre.»

Comme l'a souligné le spécialiste, d'ici à ce que les effets de l'inflation se calment, il est possible d'adopter des stratégies qui permettent d'économiser: «On va visiter des magasins à rabais, on va même visiter des magasins du dollar. D’ailleurs, les ventes alimentaires dans les magasins du dollar ont augmenté de 18 % depuis avril, selon Nelson IQ, alors on le voit, le consommateur se déplace, change de stratégie pour épargner le plus possible.»

Gabrielle Ross-Marquette, coprésidente syndicale du Front commun pour la justice sociale du Nouveau-Brunswick, a fait remarquer pour sa part que plusieurs ménages, dont la situation est plus précaire, n’ont jamais réussi à récupérer le pouvoir d’achat perdu depuis un an: «Comme on le voit, l'inflation, même si elle se stabilise, a un très grand impact sur les personnes qui sont les plus démunies dans notre société. [...] Le problème qui vient avec ça, c’est que la plupart des revenus des familles et des individus n'ont pas une hausse équivalente, donc les gens ont vraiment de la difficulté à joindre les deux bouts.»

Enfin, selon Mme Ross-Marquette, il faudra un jour ou l'autre que les gouvernements adoptent «des règlements pour établir jusqu’à quel point les multinationales qui fournissent de la nourriture peuvent faire du profit sur les aliments. Si on avait des règlements là-dessus, une politique là-dessus, ça pourrait alléger le fardeau des individus.»