
La PPAQ passe à l'attaque...
La fédération des producteurs acéricoles du Québec intensifie ses démarches judiciaires contre Steve Bourdeau, un acériculteur de Saint-Chrysostome en Montérégie accusé de commercialiser du sirop d'érable frelaté dans des centaines d'épiceries.
C'est lundi qu'une requête a été déposée devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec. La requête vise à saisir la totalité de son sirop et à lui retirer son droit de production.
Cette offensive juridique fait suite à un reportage de l'émission Enquête de Radio-Canada, qui avait révélé que ce producteur écoulait du sirop contrefait dans le réseau de distribution alimentaire.
Selon les documents judiciaires, l'enquête journalistique avait mis au jour une vaste opération de fraude alimentaire comprenant l'adultération de volumes considérables de sirop d'érable, ainsi que des transactions en violation de la réglementation du secteur.

Plus troublant encore, lors d'une inspection menée le 16 avril, après la diffusion du reportage, les inspecteurs des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) ont découvert que l'acériculteur et son entreprise avaient récupéré des palettes de produits falsifiés retournés par certains fournisseurs et qu'ils étaient en train de transvider le contenu des cannes dans de plus grands récipients. Interrogé à ce sujet, le producteur aurait déclaré aux inspecteurs vouloir «trouver une passe» pour s'en débarrasser.
Dans sa requête, la fédération affirme que Steve Bourdeau et son entreprise demeurent actifs et manifestent toujours l'intention de vendre des produits d'érable adultérés, et ce malgré l'attention médiatique considérable portée à leurs activités.

Les PPAQ réclament non seulement la saisie intégrale du sirop, mais aussi l'annulation de son contingent acéricole — une sorte de quota sans lequel il est impossible de vendre du sirop d'érable québécois en épicerie — ainsi que le paiement d'environ 190 000 dollars en contributions impayées et pénalités.
Des analyses en laboratoire réalisées sur cinq conserves du producteur ont révélé qu'elles contenaient toutes au minimum 50 % de sucre de canne, confirmant la falsification. Face à ces résultats accablants, l'acériculteur a nié toute responsabilité, rejetant la faute sur ses fournisseurs.
Les PPAQ ont également procédé à leurs propres tests en laboratoire et ont détecté du sirop frelaté vendu par Bourdeau en épicerie, ce qui a conduit au dépôt d'une plainte auprès du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), qui a ouvert une enquête mais refuse de commenter en raison d'une possible judiciarisation du dossier.
La requête de la fédération qualifie Steve Bourdeau et son entreprise de «contrevenants notoires et récidivistes», soulignant que l'acériculteur aurait lui-même admis avoir enfreint la réglementation de manière continue depuis plus de quinze ans. La nouvelle procédure couvre la période allant de 2023 à 2026.
Lors de tournages en caméra cachée, le producteur s'était d'ailleurs vanté de distribuer ses produits à bas prix dans des centaines de commerces au Québec et en Ontario, touchant de grandes enseignes comme Metro, IGA, Provigo, Adonis et Farm Boy.
Selon les PPAQ, cette affaire a porté un coup sérieux à la réputation de l'ensemble de la filière acéricole et compromis la confiance des consommateurs envers les produits d'érable vendus en épicerie.
Signalons enfin qu'en parallèle, une demande d'action collective a été déposée devant la Cour supérieure contre la compagnie à numéro de Steve Bourdeau, qui n'a pas encore répondu aux allégations contenues dans la requête de la fédération.
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Il travaille dans le domaine des communications depuis plus d'une dizaine d'années, en plus d'être passionné par tout ce qui concerne les actualités. Autant intéressé par les fluctuations de l'économie que par les histoires loufoques et insolites, sa curiosité fait en sorte qu'il ne s'ennuie jamais.
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