
Christine Fréchette sort le chéquier...
La première ministre Christine Fréchette a annoncé ce matin qu'une mesure visant à aider les petites et moyennes entreprises (PME) québécoises allaient être appliquée dès demain.
À partir du 30 avril, environ 75 000 PME profiteront d'une réduction d'impôt. Le taux d’imposition passera de 3,2 % à 2,2 % sur la première tranche de 500 000 $ de revenus, ce qui représente jusqu’à 5 000 $ d’économies annuelles par entreprise. Selon la première ministre, cet allégement fiscal permettra à des petits commerces d'économiser l'équivalent d'un loyer ou d'investir dans de l'équipement sans devoir reporter l'achat à une date ultérieure.
Cette baisse d’impôt évaluée à 630 millions de dollars sur cinq ans sera financée à même l’enveloppe de 1,3 milliard prévue au dernier budget pour les initiatives du prochain gouvernement suite au départ de François Legault.
Sur les quelque 275 000 PME recensées au Québec, la mesure s'applique à celles qui sont admissibles à la déduction pour petite entreprise (DPE), soit les entreprises cumulant au moins 5 500 heures de travail rémunéré annuellement.

Québec cible ainsi un maillon jugé vulnérable en ces temps de tensions commerciales et d'incertitude économique: les PME, qui composent une large part du tissu entrepreneurial de la province.
Un accueil mitigé
Les organisations d’affaires accueille favorablement cette annonce. La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante réclamait depuis longtemps un tel ajustement, estimant qu’il permettra aux entreprises d’augmenter les salaires, de réduire leur endettement ou d’investir dans la formation et l’automatisation.
Même écho à la Fédération des chambres de commerce du Québec, qui se réjouit à l'idée que les petites entreprises pourront compter sur une mesure simple, efficace et surtout accessible, contrairement aux programmes complexes de crédits d’impôt.
Sur le plan politique, la décision ne fait toutefois pas l’unanimité. Le chef du Parti québécois Paul St-Pierre Plamondon dénonce une manœuvre tardive et accuse la CAQ d’avoir longtemps privilégié les grandes entreprises étrangères au détriment des acteurs locaux.
Le chef du Parti libéral du Québec Charles Milliard croit pour sa part que « c’est trop peu, trop tard ».
Et Ruba Ghazal de Québec solidaire s’interroge sur la portée réelle de cette baisse d’impôt qu'elle qualifie de « cadeaux électoralistes ». « Ce sont souvent les mesures les moins tape-à-l'œil qui ont le plus d'impact », a-t-elle précisé dans un communiqué.
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À propos de l'auteur
Rédactrice
Diplômée en histoire de l’art et détentrice d’une maîtrise en muséologie, Émilie gravite dans l’univers des arts, de la culture et des communications depuis près de deux décennies. Son flair, son esprit analytique et sa passion contagieuse sont au cœur de ses projets professionnels.
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