Des experts croient qu'une guerre des prix aura bientôt lieu dans les épiceries
L'annonce de Loblaw pourrait faire boule de neige, croient des experts
Des experts estiment que l'annonce de Loblaw de geler les prix de 1 500 produits de marque Sans nom dans les Provigo, Maxi et Pharmaprix causera potentiellement une guerre de prix, rapporte La Presse.
Ainsi, si les clients pourraient finalement y tirer leur épingle du jeu, la facture serait plutôt refilée aux fournisseurs.
Rappelons que les 200 épiceries Maxi et Provigo, de même que les 180 pharmacies Pharmaprix détenues par Loblaw gèleront les prix de la marque Sans nom jusqu'au 31 janvier prochain, a annoncé l'entreprise lundi dans un communiqué. Une mesure établie pour « aider les consommateurs à échapper à la spirale inflationniste ».
Les commerçants « ont amplement les moyens de se préparer à lancer ou à subir une guerre de prix. Un gel de prix, ce n’est pas un énorme sacrifice en soi puisque les marges bénéficiaires ont explosé depuis le début de la pandémie », estime le professeur de publicité à l’Université Laval, Christian Désîlets, en entrevue à La Presse.
Toutefois, plusieurs experts estiment que cette annonce est plutôt un « coup de marketing » qui forcera également les compétiteurs à baisser leurs prix. « Elles doivent toutes se gratter la tête en ce moment. Elles vont devoir réagir, mais elles n’aiment pas l’idée de copier l’une sur l’autre. Depuis des années, elles essaient de se différencier », avance Jordan LeBel, professeur titulaire de marketing alimentaire à l’Université Concordia, interrogé par le quotidien montréalais.
« Les bannières doivent se dire : on fait comme Loblaw et on essaie de rendre le panier d’épicerie plus abordable, mais on est assez intelligentes pour faire quelque chose de différent pour essayer de se distinguer un peu », poursuit M. LeBel.
Toutefois, même si les entreprises vont réagir à cette annonce, elles pourraient proposer autre chose, d'après JoAnne Labrecque, professeure de marketing à HEC Montréal, en entrevue avec La Presse. Selon elle, cela pourrait même à terme causer une « escalade » des prix.
« C’est la première salve d’une guerre de prix », croit aussi M. Desîlets.
Selon Mme Labrecque, ce serait les fournisseurs qui pourraient écoper. «
« Toute cette stratégie-là nous amène directement à la négociation avec les fournisseurs. Si on garantit des prix dans un contexte où on a des augmentations de structure de coûts, il y a quelqu’un qui absorbe la marge quelque part, et c’est soit le distributeur ou le fournisseur », souligne-t-elle.
Une offre qui risque de ne pas durer pour les clients. « C’est temporaire, une guerre de prix. Aucune marque n’a intérêt à ce que ça se prolonge, c’est pour aller chercher des parts de marché rapidement. Ce qu’il faut dire aux consommateurs, c’est profitez-en pendant que ça passe parce que vous allez payer quand ça sera terminé », dit M. Désîlets.
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