Des parents en furie de devoir payer pour une photo avec le père Noël

Entre 35 et 45 $ par photo.

Mon Fric

Si vous amenez votre enfant à la Place du Royaume, à Saguenay, pour voir le père Noël, sachez que vous devrez payer pour avoir une photo, rapporte TVA Nouvelles

Certains qui voudraient éviter de devoir faire cette dépense ne pourront pas contourner le règlement en prenant leur propre téléphone pour immortaliser ce moment magique. Des employés ont même averti une mère de famille qu'elle ne pouvait pas faire cela et qu'elle devrait payer si elle veut une photo. 

« J’ai essayé de prendre une photo et je me suis fait arrêter. Ce n’est pas grave, on va les garder dans notre tête les souvenirs du père Noël, hein ? » raconte la dame à TVA Nouvelles. Elle affirme ne pas avoir vu l'affiche interdisant la prise personnelle de photos.

Cette année, le centre commercial de la Place du Royaume a retenu les services de Cherry Hills, une firme du New Jersey. Ainsi, cette entreprise propose des photos variant entre 35 et 45 $ le forfait. Si cette pratique était déjà en vigueur à certains endroits au Québec auparavant, il s'agit de la première fois que cela survient à Saguenay.

« Je trouve ça peut-être exagéré pour prendre une photo avec le père Noël. Je me dis que, pour ceux qui ont peut-être encore moins les moyens, c’est très ordinaire pour prendre une photo avec le père Noël quand c’est un moment plaisant pour eux et que c’est pour avoir des souvenirs », dénonce la mère de famille. 

Elle n'est pas la seule. Un père de famille qui vient d'arriver de la Tunisie s'apprête à célébrer son premier Noël ici. 

« Presque trois ans qu’on attendait ça avec ma famille. Quand on arrive comme ça pour faire une photo avec le père Noël et qu’il faut payer. Franchement, c’est plate. Je ne suis pas capable d’acheter des choses comme le sapin de Noël, des jouets, des choses comme ça, je ne suis pas riche encore », explique Hamdi Andolsi à TVA Nouvelles.

« Je pense qu’il y aurait peut-être moyen de laisser ça aller pour nos enfants surtout. C’est sûr que si on veut payer et qu’on veut vraiment la photo, on peut, mais ce n’était pas nécessaire », ajoute un autre.

Contactée par TVA Nouvelles, la Place du Royaume a refusé les demandes d'entrevue.

Par ailleurs, la fameuse tradition qui consistait à prendre des photos d'enfants sur les genoux du père Noël semble maintenant faire partie du passé, rapporte le Journal de Montréal.

Comme a souligné Catherine Lacasse, de l’Agence des pères Noël professionnels, les centres commerciaux avaient dû adopter une toute nouvelle approche en raison de la pandémie et même si les règles sont désormais moins strictes, la plupart des centres ont décidé de maintenir des mesures de distanciation avec le père Noël, en raison de la COVID et des multiples virus respiratoires qui circulent.

Elizabeth Payne, directrice de la Place Versailles, à Montréal, a précisé pour sa part que la demande de maintenir un tel protocole est directement venue des employés: «C’était une demande de mes deux pères Noël, qui ne sont plus tout jeunes.»

Au lieu de placer les enfants sur les genoux du père Noël, on installe désormais ceux-ci sur un petit banc à côté afin de prendre une photo.

Du côté des Galeries de la Capitale de Québec et des Promenades d’Anjou, c'est un fauteuil qui a été mis en place afin d'y accueillir les enfants pour le temps d'une photo.

Pierre Héroux, père Noël professionnel et copropriétaire de l’Agence du père Noël, a expliqué à QUB: «Nous, on se plie aux exigences de nos clients. Et puis, nos bonhommes sont tous vaccinés quatre fois contre la COVID, en plus de l’être contre la grippe. »

Mme Lacasse a aussi souligné le fait que depuis la pandémie, les parents réservent maintenant à l'avance un rendez-vous avec le père Noël: «Il faut tirer du positif de la COVID, on a déployé une plateforme de rendez-vous qui est géniale. »

En plus de permettre aux parents de réserver un moment adéquat pour y visiter le père Noël, la plateforme peut aussi servir à indiquer les préférences de leur enfant dans le formulaire en ligne.

Mélanie Castonguay, directrice marketing de Cominar, qui possède des centres commerciaux de Québec à Hull, n'a d'ailleurs pas hésité à partager son enthousiasme quant à cette plateforme: «On n’a plus besoin de poser les questions traditionnelles comme “As-tu été sage ?” “Est-ce que ça va bien à l’école ?” Là, on sait qu’une telle adore l’équitation et la couleur rouge. »

Enfin, comme l'a souligné Mme Payne, une telle plateforme comporte quand même quelques désavantages: «C’est la grosse mode, mais bien des places demandent un dépôt, et si tu es en retard ou que tu n’as pas de rendez-vous tu ne peux pas voir le père Noël. »