
Elon Musk se prononce sur l'indépendance du Québec et ça fait vivement réagir
Le milliardaire estime que le Québec serait «bien mieux» hors du Canada.
Le patron de X et homme le plus riche de la planète a jeté un pavé dans la mare politique québécoise mercredi en se prononçant ouvertement en faveur de la séparation du Québec. Sur sa propre plateforme, Elon Musk a déclaré que la province serait « bien mieux » en dehors de la fédération canadienne, provoquant une onde de choc sur les réseaux sociaux des deux côtés de l'Atlantique.
Le milliardaire réagissait à une publication du site de paris en ligne Polymarket, qui relayait les déclarations du premier ministre désigné et chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, au sujet de son ambition de transformer le Québec en pays souverain. « C'est bien. Le Québec devrait se séparer », a écrit Musk à l'intention de ses quelque 241 millions d'abonnés. Il a ensuite ajouté, dans un second message, que l'Alberta et la Saskatchewan devraient elles aussi quitter le giron canadien.

Plus tôt dans la journée, le propriétaire de SpaceX et Tesla avait également commenté un éditorial du National Post en affirmant qu'il trouverait « génial » que Paul St-Pierre Plamondon mette en place « le gouvernement le plus anti-woke au Canada ».
Les Québécois refusent la leçon d'Elon Musk
Sur le forum Reddit dédié au Québec, la réaction a été aussi rapide que cinglante. Souverainistes comme fédéralistes se sont retrouvés unis dans un même sentiment : l'opinion du milliardaire américain sur l'avenir politique de la province n'est ni souhaitée ni bienvenue.
Plusieurs internautes ont exprimé une indifférence assumée. « Mettons que je m'en sacre de son avis », a résumé un utilisateur, tandis qu'un autre citait l'humoriste François Pérusse : « Ça s'peut-tu que ce soit le gars dont je me câlisse? » Le ton oscillait entre l'ironie mordante et l'agacement profond devant l'ingérence perçue d'un acteur étranger dans les affaires internes du Québec.
D'autres commentateurs se sont montrés plus analytiques, estimant que Musk ne soutient pas véritablement la liberté du peuple québécois, mais cherche plutôt à semer la division au sein du Canada pour en tirer profit. « Elon Musk ne dit pas ça parce qu'il souhaite que le Québec soit libre, il dit ça surtout pour créer de l'instabilité et pouvoir en profiter », a écrit un internaute. Certains ont rappelé que le milliardaire avait récemment jugé injuste l'obligation de parler français pour diriger Air Canada, ce qui rend son soutien soudain à la cause souverainiste particulièrement suspect aux yeux de nombreux Québécois.

Un utilisateur a d'ailleurs souligné que cette prise de position favorable à la séparation pourrait en réalité viser à permettre au reste du Canada d'abandonner le bilinguisme et la langue française. « Vu sa réaction au dossier récent du PDG d'Air Canada, c'est probablement pour que le reste du Canada puisse abandonner la langue française », a-t-il analysé, tout en notant que le patron de X publie des centaines de messages de moins de dix mots par semaine, ce qui laisse douter de la profondeur de sa réflexion sur le sujet.
Il convient de noter que ces déclarations de Musk s'inscrivent dans le flot incessant de ses publications quotidiennes sur X. Ses commentaires sur la souveraineté québécoise voisinaient mercredi avec une image de lui en chevalier générée par intelligence artificielle, un partage d'un commentaire d'une figure d'extrême droite britannique sur l'immigration, ainsi que plusieurs mentions d'une université fictive dont l'acronyme vulgaire semblait beaucoup amuser l'homme le plus fortuné du globe.

Paul St-Pierre Plamondon, élu lundi à la tête d'un gouvernement minoritaire, a clairement indiqué vouloir remettre la question de l'indépendance au coeur du débat public. Il a toutefois promis d'attendre la fin du mandat de Donald Trump à la Maison-Blanche avant de lancer un éventuel processus référendaire. L'intervention inattendue de Musk, loin de servir la cause souverainiste, risque surtout de compliquer le discours indépendantiste en l'associant à un personnage que la majorité des Québécois, toutes allégeances confondues, semblent rejeter avec vigueur.
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