
Cette décision du gouvernement Legault coûte très cher à la Société d'État...
Plus d'un an après avoir retiré les vins et spiritueux américains de ses étagères sur ordre du gouvernement Legault, la Société des alcools du Québec (SAQ) continue d'en subir les conséquences financières.
L'opération a déjà généré des frais avoisinant le million de dollars, et la société d'État se retrouve privée des revenus que ces centaines de milliers de bouteilles auraient pu rapporter si elles avaient été mises en vente normalement.
Le retrait, effectué le 4 mars 2025 en réponse aux tarifs douaniers imposés par le président Trump, visait plus de 900 références américaines — environ 700 vins et le reste en spiritueux, incluant des marques emblématiques comme le whisky Jack Daniel's ou des crus californiens.

Au moment de leur retrait, la valeur de ces stocks était estimée à 27,2 millions de dollars. La SAQ a non seulement cessé de les vendre en succursale et en ligne, mais a également interrompu tout approvisionnement aux épiceries, bars, restaurants et agences.
Selon des documents obtenus grâce à une demande d'accès à l'information, les coûts liés à cette opération se chiffraient à 900 000 dollars pour la période allant du 4 mars au 31 décembre 2025. Cette somme englobe l'entreposage des produits, le financement des inventaires immobilisés ainsi que des dépenses salariales supplémentaires.
Face au risque que certains produits se détériorent, le gouvernement a demandé à la SAQ, en août dernier, de distribuer gratuitement les bouteilles dont la date de péremption approchait ou dont la qualité risquait de se dégrader.
Des vins rosés, des prêts-à-boire, des viniers, des crèmes et certaines bières et liqueurs ont ainsi été offerts à des organismes caritatifs, des fondations et des écoles d'hôtellerie.
Au total, 3 763 caisses ont été remises à 183 organismes, pour une valeur comptable d'environ 300 000 dollars.
Parmi les bénéficiaires figurent la Fondation de l'hôpital Charles-Lemoyne, qui a reçu 134 caisses, la Tablée des chefs avec 99 caisses, ainsi que des institutions culturelles comme l'Orchestre symphonique de Montréal, le Théâtre du Nouveau Monde ou encore le Carnaval de Québec.
Malgré ces dons, à la fin de 2025, la SAQ détenait encore environ 220 000 caisses de produits américains, représentant quelque 26,9 millions de dollars en inventaire.
Pour un nouveau lot de boissons susceptibles de perdre en qualité d'ici mars 2027, Québec a exceptionnellement permis à la société d'État de les vendre à prix réduit — avec un rabais de 15 % — exclusivement en ligne et dans les succursales SAQ Dépôt depuis le 12 février. Fait notable : les recettes de ces ventes ne retourneront pas dans les coffres de la SAQ ni du gouvernement, mais seront entièrement versées à Banques alimentaires du Québec.
La société d'État estime pouvoir récolter jusqu'à 8,6 millions de dollars grâce à cette opération, tout en prévoyant des coûts de fonctionnement et de rabais de l'ordre de 4,9 millions.
Si le retrait des produits américains pèse sur les finances de la SAQ, il a en revanche donné un élan significatif aux producteurs locaux.

Pour combler les espaces libérés sur ses tablettes, la société d'État a privilégié les vins et spiritueux québécois et canadiens. Les résultats sont déjà tangibles : entre le 4 mars 2025 et le 31 janvier 2026, les ventes nettes de vins du Québec ont bondi à 21,7 millions de dollars, contre 14,7 millions lors de la même période un an plus tôt. Les spiritueux québécois ont également progressé, passant de 18,3 à 22,2 millions de dollars.
Huit nouveaux producteurs d'ici ont par ailleurs fait leur entrée dans le réseau de la SAQ depuis le retrait américain, parmi lesquels le Domaine Vinéterra, le Vignoble d'Orford et Hydromel Charlevoix, bien que certaines de ces arrivées étaient déjà prévues.
L'avocat de la SAQ, Me Daniel Collette, avance aussi que les consommateurs ont probablement remplacé leurs achats américains par d'autres produits déjà offerts en succursale, ce qui pourrait atténuer l'impact financier global.
Il reste toutefois difficile d'évaluer l'ampleur réelle des pertes pour la SAQ, dont les états financiers seront publiés en juin prochain. Les produits américains représentaient 8 % des parts de marché lors de l'exercice 2023-2024.
Enfin, il faudra voir si les Québécois sont prêts à racheter des alcools américains à rabais en plein mouvement de boycottage des États-Unis.
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Cet article pourrait avoir été rédigé à l'aide de certains outils d'IA.