Sirop d'érable
Crédit photo: Capture d'écran vidéo YouTube Radio-Canada

Faux sirop d'érable : le MAPAQ a été incapable de détecter la fraude

Nouvelle révélation troublante dans cette affaire qui a fait le tour du Québec...

J. Martel

J. Martel

L'organisme chargé de veiller à la qualité des aliments vendus dans les commerces québécois n'a pas été en mesure d'identifier un sirop d'érable contenant au moins 50 % de sucre de canne, et ce malgré une plainte déposée par un consommateur vigilant. Cette défaillance, survenue un an avant que l'émission Enquête ne mette au jour la fraude, soulève de sérieuses interrogations sur les capacités de détection du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ).

En mars 2025, un citoyen du nom de Patrick Matte a contacté le MAPAQ, convaincu d'avoir consommé du sirop d'érable falsifié. Un inspecteur s'est alors rendu dans l'épicerie signalée pour acheter trois contenants de sirop étiqueté «pur», commercialisés par une entreprise à numéro appartenant à Steve Bourdeau, un acériculteur établi à Saint-Chrysostome, en Montérégie.

Un microbiologiste a procédé à des analyses, mais les résultats n'ont entraîné aucune action. Les produits sont demeurés en vente.

Un rapport d'analyse obtenu par Radio-Canada grâce à une demande d'accès à l'information révèle que les tests réalisés par le MAPAQ se sont limités à vérifier le taux de sucre, qui s'est avéré normal, et la couleur, pour laquelle une légère anomalie a été notée.

Un dégustateur a également relevé un goût de bourgeons discret et un arôme d'érable plutôt faible. La pureté du produit n'a toutefois jamais été évaluée.

Sirop d'érable
Crédit photo: Capture d'écran vidéo YouTube Radio-Canada

Selon le ministère lui-même, lorsqu'il est nécessaire de vérifier si un sirop a été adultéré, les échantillons doivent être envoyés à un laboratoire externe spécialisé, comme celui de l'Agence canadienne d'inspection des aliments ou le Centre ACER. Or, dans ce cas précis, cette étape cruciale n'a tout simplement pas eu lieu. Questionné sur les raisons de cette omission, le MAPAQ s'est retranché derrière la confidentialité des dossiers individuels.

L'ironie est frappante : l'une des conserves saisies par l'inspecteur provenait du lot A-3, le même lot qui a été soumis à une analyse par un laboratoire spécialisé pour le compte de l'émission Enquête en janvier dernier.

Le verdict de ce laboratoire était catégorique : l'échantillon contenait au minimum 50 % de sucre de canne. Cinq conserves du producteur Bourdeau analysées par le laboratoire ACER se sont toutes révélées frelatées.

Face à cette situation, les acteurs de la filière acéricole québécoise montent au créneau. Les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) pressent le gouvernement provincial de moderniser les procédures du MAPAQ afin qu'elles soient alignées sur les meilleures pratiques existantes en matière de détection de fraude.

L'organisme souligne que l'ensemble de l'industrie subit les conséquences des agissements d'un seul producteur malhonnête et plaide pour un encadrement législatif beaucoup plus strict.

Sirop d'érable
Crédit photo: Capture d'écran vidéo YouTube Radio-Canada

Le Conseil de l'industrie de l'érable, qui représente les grandes entreprises responsables de l'achat, de l'embouteillage, de la transformation et de l'exportation de plus de 90 % du sirop d'érable québécois, partage ce constat. Son président, Louis Turenne, a qualifié d'impératif le besoin de protéger la réputation du sirop d'érable québécois en adoptant une législation prévoyant des sanctions plus sévères contre les pratiques frauduleuses comme l'adultération.

Le Conseil souhaite d'ailleurs que les partis politiques s'engagent, durant la prochaine campagne électorale, à mieux protéger ce fleuron économique surnommé «l'or blond» du Québec.

De son côté, Steve Bourdeau a nié toute responsabilité dans la falsification de son sirop, pointant du doigt ses fournisseurs. Les conséquences judiciaires s'accumulent néanmoins contre lui.

La fédération des PPAQ a entamé un recours en justice visant à lui retirer son quota de production, tandis qu'une demande d'action collective a été déposée devant la Cour supérieure contre le producteur et sa compagnie à numéro. Lors d'un tournage en caméra cachée réalisé par Enquête, il s'était vanté de distribuer ses produits à bas prix dans des centaines de commerces au Québec et en Ontario.

Soulignons enfin que depuis la diffusion du reportage, de grandes chaînes comme Metro, IGA, Provigo, Adonis et Farm Boy ont retiré ses produits de leurs étalages.

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À propos de l'auteur

J. Martel
J. Martel

Rédacteur

Il travaille dans le domaine des communications depuis plus d'une dizaine d'années, en plus d'être passionné par tout ce qui concerne les actualités. Autant intéressé par les fluctuations de l'économie que par les histoires loufoques et insolites, sa curiosité fait en sorte qu'il ne s'ennuie jamais.

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