Geneviève Guilbault
Crédit photo: Capture d'écran vidéo YouTube Radio-Canada

Fiasco SAAQclic: Geneviève Guilbault en a long à dire sur le rapport Gallant

Une phrase inattendue retient particulièrement l'attention dans son long message...

Maxime Albors

Maxime Albors


La ministre Geneviève Guilbault a pris la parole longuement lundi pour répondre au volumineux rapport du commissaire Gallant portant sur le fiasco du programme CASA et de la plateforme SAAQclic.

Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, celle qui dirigeait le ministère des Transports au moment du déploiement chaotique du système reconnaît que son gouvernement « aurait pu faire mieux », tout en insistant sur le fait que les problèmes fondamentaux du projet remontaient bien avant son entrée en fonction.

L'actuelle ministre des Affaires municipales a tenu à souligner l'ampleur du travail accompli par la commission d'enquête, dont le rapport compte pas moins de 809 pages. Elle qualifie les constats formulés à l'endroit de la SAAQ de « brutaux », rappelant que les causes profondes de l'échec du programme s'enracinent toutes dans des décisions prises par l'organisme depuis 2013, soit bien avant qu'elle n'hérite du dossier en octobre 2022.

Geneviève Guilbault raconte que sa toute première rencontre avec la direction de la SAAQ, treize jours seulement après sa nomination aux Transports, s'est déroulée sous le signe de la désinformation. L'organisme lui aurait alors affirmé de manière « délibérée et fausse » que les budgets approuvés en septembre 2020 étaient respectés, ce qui était loin de correspondre à la réalité. Selon elle, cette tromperie initiale a profondément marqué la suite des événements et teinté l'ensemble de la collaboration entre son cabinet et la société d'État.

Geneviève Guilbault
Crédit photo: Capture d'écran vidéo YouTube Radio-Canada

Peu après cette première prise de contact, la ministre affirme avoir été entièrement absorbée par la gestion quotidienne de la crise engendrée par le déploiement désastreux de SAAQclic. Elle décrit une période de travail intense, sept jours sur sept, où toute l'énergie du gouvernement était consacrée à rétablir des services décents pour la population québécoise, exaspérée par les dysfonctionnements du système.

Le rapport Gallant révèle que des informations relatives aux dépassements de coûts ont bel et bien été transmises à son cabinet et à elle-même à compter de l'été 2023. La ministre ne conteste pas cette réalité, mais explique qu'elle n'en conserve aucun souvenir précis, étant alors submergée par la pression populaire et médiatique liée à la qualité des services. Elle insiste toutefois sur une nuance qu'elle juge capitale : elle ne nie pas que ces échanges aient eu lieu, et la commission n'a remis en question ni son témoignage ni sa crédibilité sur ce point.

Pour étayer sa défense, Geneviève Guilbault s'appuie directement sur les conclusions du rapport. Le commissaire Gallant constate en effet que l'information communiquée au cabinet ministériel concernant les avenants contractuels ne retraçait pas l'historique complet de l'évolution des coûts. Plus significatif encore, la commission établit qu'à l'été 2023, le développement du programme CASA était déjà terminé et que les dépassements budgétaires étaient « en grande partie déjà actés ». En d'autres termes, même si la ministre avait réagi plus vigoureusement à ce moment-là, il aurait été trop tard pour changer le cours des choses.

Une phrase inattendue retient particulièrement l'attention dans son long message: « Je ne suis pas parfaite, et les membres de mon cabinet auraient pu être plus vigilants et mieux m'informer de leurs échanges avec la SAAQ ». Cela constitue sa principale admission de responsabilité et on ne s'attendait pas à ça de sa part. Une déclaration qu'elle a par la suite supprimée de sa publication Facebook.

La ministre a par ailleurs salué la décision du premier ministre de mettre sur pied un comité de suivi chargé de donner suite aux recommandations du rapport. Elle estime que l'ampleur des manquements documentés par le commissaire Gallant, tant sur le plan financier qu'en matière de qualité des services, exige des mesures concrètes. Selon ses mots, le travail considérable de la commission et la colère légitime des citoyens québécois ne sauraient rester sans réponse.

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Cet article pourrait avoir été rédigé à l'aide de certains outils d'IA.

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