
Une annonce qui fait déjà beaucoup jaser...
Le Tribunal administratif du logement (TAL) recommande une augmentation de base de 3,1 % des loyers au Québec pour 2026 et cette révision proposée lundi s’appuie sur une nouvelle méthode de calcul simplifiée.
Le taux de 3,1 % suggéré par le TAL concerne les logements n’ayant pas fait l’objet de rénovations majeures. Pour les baux conclus d’ici le 1er avril prochain, la hausse autorisée grimpera toutefois à 4,5 %. Quant aux logements incluant des services comme dans les résidences pour aînés, le TAL suggère une augmentation de 6,7 %, applicable uniquement à la portion du loyer liée à ces services.
Une révision du mode de calcul
Alors que l’ancien mode de calcul en vigueur depuis 40 ans reposait sur 13 indicateurs, la nouvelle approche en utilise désormais quatre. Le TAL a indiqué que cette révision a pour but de simplifier les négociations entre locataires et propriétaires, tout en réduisant les effets de yo-yo provoqués par les pics inflationnistes. L'organisme s’appuie notamment sur la variation moyenne de l’indice des prix à la consommation (IPC) des trois dernières années, une façon de contrer les hausses abruptes comme celles observées après la pandémie.
Le pourcentage de 3,1 % n'est cependant qu'un taux de base. Il peut être ajusté à la hausse afin de refléter les augmentations des taxes municipales et scolaires ou des assurances. De plus, le nouveau règlement prévoit un mécanisme permettant aux propriétaires de récupérer une partie des sommes investies en rénovations, soit un ajustement annuel fixe de 5 % amorti sur 20 ans.
Un accueil mitigé
Cette refonte ne fait pas l’unanimité. Du côté des groupes de défense des locataires, on craint que la nouvelle formule ouvre la porte à des augmentations plus élevées, notamment dans le cas où le propriétaire a effectué des travaux.
« Sans contrôle effectif, on sait que les hausses réellement demandées par les propriétaires seront bien plus grandes que celles prévues par le règlement », a prévenu Steve Baird, du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) lors d'une entrevue à Zone info sur la chaîne Radio-Canada.

À l’inverse, les associations de propriétaires saluent une approche jugée plus lisible et plus prévisible. Pour la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), cette méthode simplifiera le dialogue entre les parties. C'est l'avis d'Éric Sansoucy, le porte-parole CORPIQ, qui a souligné sur les ondes de Radio-Canada que cette révision garantira que les loyers seront « minimalement [...] augmentés au niveau de l’inflation ».
Même si elle tranche avec les projections beaucoup plus élevées de l’an dernier, la hausse proposée par le TAL reste notable. Il s'agit d'une des trois augmentations les plus importantes des 20 dernières années, après celles de 2024 et 2025. Dans les faits, les augmentations réelles dépassent souvent les taux suggérés, surtout lors des changements de locataires et tout particulièrement à Montréal.
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