L'Agence du revenu du Canada congédie 120 employés en raison de fraudes liées à la PCU.
Le 30 juin dernier, l'ARC avait déjà fait part du congédiement de 20 employés qui avaient profité de la PCU en 2020.
120 employés de l'Agence du revenu du Canada (ARC) ont perdu leur emploi après avoir profité de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) durant les premiers mois de la pandémie de COVID-19.
Selon ce qu'a indiqué Radio-Canada, les employés ont perdu leur emploi en raison d'un congédiement ou de la perte de leur cote de sécurité.
Alors que la PCU visait à aider uniquement les gens qui avaient perdu leur emploi en 2020, certains employés de l'ARC ont toutefois bénéficié des prestations de 500 $ par semaine.
La porte-parole Nina Ioussoupova a assuré vendredi dans un communiqué que «Tout employé de l’Agence qui a demandé la PCU de façon injustifiée devra rembourser les montants si ce n’est pas déjà fait».
Le 30 juin dernier, l'ARC avait déjà fait part du congédiement de 20 employés qui avaient profité de la PCU en 2020.
Puisque des enquêtes sont toujours en cours, tout porte à croire que d'autres employés pourraient perdre leur emploi pour des raisons similaires.
L'ARC a expliqué dans le même communiqué: «L’Agence prend avec le plus grand sérieux toute forme d’actes répréhensibles et s’engage fermement à protéger l’intégrité des régimes fiscaux et de prestations du Canada et à démontrer aux Canadiens qu’elle est une organisation juste et digne de confiance. Lorsqu’une inconduite est décelée, nous veillons à ce que les mesures appropriées soient prises pour y remédier.»
Harry Gill, sous-commissaire responsable de la sécurité, avait fait part de ses préoccupations dans un mémo daté du 18 mai 2023: «La publication du nombre d’employés de l’ARC qui ont reçu la PCU sans y être nécessairement admissibles constitue un risque important à la crédibilité et à la réputation de l’ARC et de ses employés.»
Tandis que l'ARC dit avoir identifié environ 600 employés qui ont reçu la PCU durant la pandémie, la ministre du Revenu, Marie-Claude Bibeau, a assuré que les cas d’employés qui ont reçu la PCU ne représentent qu’une minorité des employés de l’ARC: «Les mesures disciplinaires imposées démontrent que pour nous c'est tolérance zéro. Ces cas ne doivent pas remettre en question l’intégrité et l’honnêteté des plus de 60 000 employés qui travaillent d’une façon exemplaire au sein de l’ARC au service de leurs concitoyens.»
Du côté du Syndicat des employé-e-s de l'Impôt, le président Marc Brière a reconnu que la situation est malheureuse, tout en n'hésitant pas à condamner le comportement des membres qui ont agi de façon inappropriée: «On a un devoir de juste représentation, mais il y a des limites. Des fois, on peut défendre beaucoup et des fois, on ne peut pas défendre beaucoup. [...] Si quelqu’un n’a aucune défense, on va au bâton pour eux autres, ça ne dure pas longtemps et ils se font mettre dehors. C’est aussi simple que ça.»
Selon M. Brière, certains cas se situent plutôt dans une zone grise qui mérite de plus amples vérifications, mais il n'a pas l'intention de défendre l'indéfendable: «Ce n’est pas tout le monde qui a agi de façon frauduleuse ou de façon erronée en connaissance de cause. Il y en a qui n’ont pas fait exprès, et ils vont perdre leur job pareil.»
Enfin, M. Brière a rappelé que l’immense majorité des employés n’ont rien à se reprocher dans ce dossier.
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