
« Ce n’est pas normal »
Le Québec doit mieux s'adapter au vieillissement de la population et c'est une réalité qu'on doit aborder à titre de société. C'est le constat que fait Luc Maurice, le fondateur du Groupe Maurice qui conçoit et gère des résidences pour retraités depuis 1998.
En entrevue avec Pierre-Olivier Zappa, Luc Maurice tire la sonnette d’alarme sur les conditions d’hébergement des aînés. Il juge préoccupante la situation actuelle et selon lui, il est inacceptable que la moitié des personnes âgées éprouve des difficultés à se loger dans une société comme la nôtre.
Les données démographiques existent et permettent d’anticiper les besoins futurs, mais cette information reste largement sous-exploitée. « Notre planification est à trop court terme. Notre patronne, c’est la démographie. Grâce à Statistique Canada, on peut savoir exactement le nombre de personnes âgées qui vont rencontrer des difficultés cognitives, d’autonomie, en telle année, dans telle ville », rappelle-t-il, plaidant pour une approche structurée plutôt que des décisions improvisées.

Préparation financière et accès au logement
Luc Maurice croit également que les citoyens devraient mieux se préparer financièrement en vue de la retraite. Durant l'entrevue, l'homme évoque des ajustements progressifs s'inspirant des mesures adoptées en Ontario où les cotisations au régime de rentes ont été bonifiées graduellement sur près de deux décennies. « Les grandes décisions à la volée, ça ne va nulle part », se désole-t-il.
Un autre enjeu souligné par le fondateur du Groupe Maurice: l’accès au logement pour les aînés. Une proportion importante de personnes du troisième âge peine à se loger convenablement. Il précise que les femmes figurent parmi les plus vulnérables, notamment celles qui n'ont pas été sur le marché du travail et n’ont ainsi pas cotisé à un régime de retraite. Il propose de mieux cibler les mesures fiscales pour alléger le fardeau des plus démunis, quitte à réduire certains avantages accordés aux mieux nantis.
La question de la propriété immobilière a également été abordée par l'entrepreneur qui explique que ceux qui vendent aujourd’hui leur maison bénéficient d’une valeur nettement plus élevée qu’il y a une décennie. À l’inverse, il se dit inquiet pour ceux qui ont vendu à moindre prix il y a plusieurs années puisque leur capital diminue plus rapidement.
Et en terminant, il rappelle que la responsabilité ne doit pas reposer pas uniquement sur l’État. L’isolement demeure une réalité préoccupante chez les aînés. Dans plusieurs établissements, seule une minorité de résidents reçoit des visites régulières de leurs proches.
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À propos de l'auteur
Rédactrice
Diplômée en histoire de l’art et détentrice d’une maîtrise en muséologie, Émilie gravite dans l’univers des arts, de la culture et des communications depuis près de deux décennies. Son flair, son esprit analytique et sa passion contagieuse sont au cœur de ses projets professionnels.
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