
Il n'est même pas encore assis à la table qu'il essaie déjà de tordre le bras d'Ottawa...
Avant même d’ouvrir officiellement la porte à de nouvelles discussions commerciales avec le Canada, Washington exige certaines concessions de la part d’Ottawa, une sorte de « droit d’entrée » jugé inacceptable par plusieurs sources canadiennes.
Selon des informations obtenues par Radio-Canada, les États-Unis exigent des gestes concrets avant d'entamer des pourparlers avec le gouvernement Carney afin de revoir les échanges commerciaux entre les deux pays ainsi que l’Accord Canada–États-Unis–Mexique.
Le média rapporte que l'administration Trump s'attend à des concessions immédiates du côté canadien, sans engagement réciproque clair de leur part. Cette exigence suscite de l’irritation à Ottawa, d’autant plus que des mesures ont été adoptées au cours de la dernière année, mais sans résultats tangibles. Parmi celles-ci, rappelons qu'au printemps 2025, le gouvernement canadien a renoncé à une large part des contre-tarifs en riposte aux droits de douane américains. Et quelques mois plus tard, c'est la taxe sur les services numériques qui a été supprimée.

L'alcool, un autre irritant majeur
Radio-Canada indique que que les États-Unis réclament des ajustements sur plusieurs fronts, notamment en ce qui a trait aux quotas laitiers, aux politiques de souveraineté numérique, mais aussi à un autre « irritant majeur », l’alcool.
Depuis mars 2025, plusieurs provinces dont le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique ont retiré les produits alcoolisés américains de leurs tablettes en réaction aux mesures de l'administration Trump.
Ottawa refuse toutefois de céder. Des sources ont confié à Radio-Canada qu'il est hors de question de remettre les alcools américains en circulation sans concessions équivalentes.
L’administration Trump demande des concessions au Canada avant de négocier https://t.co/px0TW3ASrE
— Radio-Canada Info (@RadioCanadaInfo) April 22, 2026
Pas pressé, le gouvernement canadien?
Ottawa continue de se montrer prudent. Négocier sans garanties reviendrait à céder des leviers stratégiques sans assurance de gains. Certains Américains estiment cependant que le Canada tarde à s’engager à la table des négociations. C'est la conclusion que tire l’ancienne diplomate Louise Blais qui était récemment en mission stratégique dans la capitale américaine.
Le gouvernement de Mark Carney relativise néanmoins l’urgence de la situation. Après tout, un cadre commercial existe déjà entre les deux pays. Selon d'autres sources de Radio-Canada, Ottawa miserait en partie sur le facteur temps, espérant que les élections de mi-mandat fragilisent la position de Donald Trump.
À l'heure actuelle, aucun des deux camps ne semble prêt à céder le premier.
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À propos de l'auteur
Rédactrice
Diplômée en histoire de l’art et détentrice d’une maîtrise en muséologie, Émilie gravite dans l’univers des arts, de la culture et des communications depuis près de deux décennies. Son flair, son esprit analytique et sa passion contagieuse sont au cœur de ses projets professionnels.
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