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Les Québécois changent radicalement de stratégie hypothécaire

Taux fixe ou taux variable ? Les propriétaires ont une préférence bien marquée en ce moment...

J. Martel

J. Martel

L'anxiété monte chez les propriétaires québécois alors que la période des renouvellements hypothécaires bat son plein.

Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la flambée du prix de l'essence et les craintes liées à l'inflation, un virage spectaculaire s'opère : les emprunteurs délaissent en masse les taux variables pour se réfugier dans la sécurité des taux fixes. Ce changement de comportement, observé autant chez les nouveaux acheteurs que chez les propriétaires de longue date, témoigne d'un climat d'incertitude profond qui transforme le marché hypothécaire.

Plusieurs propriétaires témoignent de ce revirement. Un Québécois prénommé Marc raconte que son frère, qui détenait un prêt à taux variable, a vu ses paiements pratiquement doubler. Marqué par cette expérience, il a opté pour un renouvellement à taux fixe sur trois ans, voyant son taux passer de 2,14 % à 3,77 %.

Un autre emprunteur, Michael Andresson, confie qu'il envisageait initialement le taux variable, mais que l'ensemble des signaux économiques l'ont convaincu que le risque n'en valait pas la peine. Lui aussi a finalement choisi la stabilité d'un taux fixe sur trois ans.

Le courtier hypothécaire Stéphane Bruyère constate cette transformation de façon très concrète dans sa pratique quotidienne. Selon lui, la totalité de sa clientèle se dirige désormais vers les taux fixes. Il souligne que même des clients fidèles aux taux variables depuis des années modifient leur approche.

Les chiffres parlent d'eux-memes : en 2022, les prêts à taux variable représentaient 83 % de ses dossiers. Aujourd'hui, cette proportion a chuté à seulement 28 %.

L'économiste Hendrix Vachon, rattaché à Desjardins, apporte toutefois une nuance importante. Si les Québécois se tournent effectivement vers les taux fixes, ils privilégient des durées plus courtes que le traditionnel terme de cinq ans. Les emprunteurs optent davantage pour des engagements de trois ou quatre ans, conservant l'espoir que les taux finiront par redescendre.

À l'échelle du pays, les prêts d'une durée de trois à moins de cinq ans représentent désormais 40 % des nouveaux emprunts, tandis que le taux variable ne compte plus que pour le tiers des nouvelles hypothèques.

Si la situation préoccupe, la province s'en tire néanmoins mieux que d'autres régions du pays. Au niveau canadien, près de 60 % des prêts hypothécaires devront etre renouvelés d'ici la fin de 2026.

Pour de nombreux ménages ayant contracté un emprunt à taux fixe de cinq ans durant la pandémie, la Banque du Canada estime que les versements mensuels pourraient grimper de 15 % à 20 %.

Plusieurs facteurs jouent toutefois en faveur des ménages québécois. Leur niveau d'endettement est généralement inférieur à celui observé ailleurs au pays, les prix immobiliers n'ont pas connu la meme envolée vertigineuse, et les taux de retard de paiement restent relativement bas. De plus, les Québécois ayant historiquement privilégié des termes hypothécaires plus courts, une part plus importante de leurs prêts a déjà été renouvelée.

La situation est nettement plus inquiétante du coté de Toronto et Vancouver, ou les propriétaires affichent souvent un endettement beaucoup plus élevé. Nombre d'entre eux ont acquis leur propriété pendant la pandémie, à des prix qui atteignaient alors des sommets historiques. Ce contraste illustre à quel point la prudence traditionnelle des emprunteurs québécois pourrait constituer un avantage dans la période d'ajustement qui se profile.

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À propos de l'auteur

J. Martel
J. Martel

Rédacteur

Il travaille dans le domaine des communications depuis plus d'une dizaine d'années, en plus d'être passionné par tout ce qui concerne les actualités. Autant intéressé par les fluctuations de l'économie que par les histoires loufoques et insolites, sa curiosité fait en sorte qu'il ne s'ennuie jamais.

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