Les sanctions économiques ont « peu de chance » de faire changer d'idée Poutine
Ça augure mal.
Selon le chercher Gary Hufbauer, Vladimir Poutine a « peu de chances » de changer d'idée et de cesser les attaques de la Russie en Ukraine, malgré les nombreuses sanctions économiques frappant son pays, rapporte l'Agence France-Presse (AFP).
M. Hufbauer étudie l'efficacité des sanctions économiques qui se sont produites depuis un siècle, au centre de réflexion Peterson Institute for International Economics (PIIE) à Washington. Il aussi l'auteur de l'ouvrage Economic Sanctions Reconsidered.
Et depuis 1900, « les sanctions ont été efficaces dans moins d'un tiers des conflits», a-t-il observé en entrevue avec l'AFP. « La plupart des pays dans lesquels les sanctions ont été efficaces ont été de petits pays, des États fragiles, loin de la puissance de la Russie », ajoute le chercheur.
Ainsi, de telles mesures auraient fonctionné au Panama, au Pérou, en Guinée équatoriale et en Sierra Leone. Mais elles auraient été inefficaces dans des conflits comme celui opposant la Corée du Sud à la Corée du Nord, celui au Pakistan, ou même en Russie après l'invasion de la Crimée il y a quelques années. « Les sanctions ont été dures, or ces pays n'ont pas reculé », soutient le chercheur.
« Lorsqu'un grand pays envahit un autre pays, il est très difficile de convaincre le dirigeant de l'État agresseur de changer d'avis, car ce serait un recul personnel trop important », ajoute-t-il.
Il est également d'avis que « frapper une économie, ce n'est pas changer la mentalité d'un dirigeant ». Selon lui, des sanctions économiques ne suffisent pas dans bien des cas pour changer l'idéologie d'un dirigeant, spécialement « lorsqu'il s'agit d'un autocrate ». Et Vladimir Poutine sera l'« autocrate des autocrates ».
Et même si les sanctions actuellement imposées à la Russie sont bien plus importantes que celles décrétées à la suite de l'annexion de la Crimée en 2014, « est-ce que cela fera dévier Poutine de ses projets ? Il y a peu de chances », croit M. Hufbauer.
« Je ne dis pas que c'est impossible, je dis juste qu'il n'y a pas de précédent » comparable, précise-t-il.
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