Meta lance une nouvelle publicité qui ne devrait pas plaire au gouvernement Trudeau
Les critiques sont déjà nombreuses
Une publicité produite par Meta afin de signifier son opposition au projet de loi C-18 fait l'objet de vives critiques, rapporte Radio-Canada.
Le projet de loi C-18, qui concerne les plateformes de communication en ligne qui rendent accessible du contenu de nouvelles aux personnes se trouvant au Canada, a été très mal accueilli par Meta.
L'entreprise, qui possède Facebook et Instagram, a d'ailleurs produit une publicité afin de signifier son opposition au projet de loi.

Dans la publicité en question, Meta indique tout d'abord: «Afin de se conformer à la législation fédérale, il ne sera plus possible de consulter et de publier des contenus d'actualité sur Facebook et Instagram au Canada.»
Le message se poursuit en annonçant: «La Loi sur les nouvelles en ligne suppose à tort que les entreprises de médias sociaux profitent injustement des contenus d'actualité partagés sur nos plateformes, alors que c'est l'inverse qui est vrai. Les médias partagent volontairement du contenu sur les médias sociaux pour accroître leur audience et améliorer leurs résultats. La seule manière dont nous pouvons raisonnablement nous conformer à cette législation est de mettre fin à l’accès aux nouvelles.»
C'est en décembre prochain que le projet de loi C-18 entrera en vigueur.
Selon ce qu'a indiqué en Meta, les contenus médiatiques canadiens seront bloqués au cours des prochains mois, et déjà, certains utilisateurs ont fait face à ces nouvelles mesures en voyant apparaître un message les informant que «Ce contenu n’est pas visible au Canada. En réponse à la législation du gouvernement canadien, les contenus d’actualité ne peuvent pas être affichés au Canada.»
Google a aussi réagi au projet de loi et le 29 juin dernier, la compagnie a déclaré qu'à l'entrée en vigueur de la loi, en décembre prochain, son moteur de recherche ne proposera plus de liens d'actualités. En d'autres mots, les utilisateurs de Google News et de Google Discover devront trouver une autre façon de s'informer au sujet de l'actualité canadienne.
Les gouvernements fédéral et québécois ainsi que plusieurs municipalités et même certaines entreprises ont réagi à leur tour à la réplique de Google et de Facebook et ainsi, ceux-ci ont annoncé le retrait de leurs publicités des plateformes de Meta.
Des experts ont toutefois expliqué à Radio-Canada que ces mesures annoncées par Meta et Google ne visent pas particulièrement le Canada, car elles ont plutôt pour objectif d'envoyer un message clair aux États qui songent à leur serrer la vis encore davantage, comme la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, a déclaré en entrevue à Zone économie qu'une rencontre a eu lieu entre Google et le gouvernement canadien mardi dernier: «Je suis convaincu qu’on va répondre à toutes les inquiétudes de Google concernant la réglementation. Il y a un canal de communication – pas toujours facile, mais toujours franc – dans une perspective de collaboration. [...] Avec Meta, c’est l’inverse, c’est l’absence de communication.»
Enfin, M. Rodriguez a pointé du doigt Meta pour avoir tenté d’acheter de l’espace publicitaire auprès de Québecor, Cogeco et Bell Média afin de critiquer la mesure et d'expliquer son blocage des nouvelles sur Facebook: «C'est ironique et, à quelque part, presque irrespectueux. [...] Meta essaie d’envoyer un message au monde entier à travers ses agissements. Meta essaie d’intimider le gouvernement du Canada et, à travers ça, d’intimider les gouvernements d’autres pays.»
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