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Crédit photo: Capture d'écran vidéo YouTube Radio-Canada

Nouveau rebondissement dans l'affaire du salon de coiffure condamné à payer 500 $ à une personne non binaire

On croyait l'histoire réglée, mais finalement ce n'est pas le cas...

J. Martel

J. Martel

Les propriétaires des salons de coiffure Station10, condamnés à verser 500 dollars à une personne non binaire pour discrimination, ont finalement décidé de contester cette décision devant les tribunaux.

Alors que les propriétaires des salons de coiffure Station10 envisageaient initialement de régler l'amende et de tourner la page, l'ampleur des réactions de soutien reçues les a poussés à changer de cap. L'industrie de la coiffure au Québec se mobilise derrière eux, transformant cette affaire en un véritable débat de société.

Alexis Labrecque, copropriétaire de Station10, affirme avoir pris la décision de suivre ses convictions en contestant un jugement qu'il estime injuste.

Il explique que de nombreuses personnes — des clients, des proches, mais aussi de parfaits inconnus — sont venus lui témoigner leur appui, ce qui l'a convaincu de ne pas baisser les bras.

L'affaire remonte au 5 février dernier, lorsque le Tribunal des droits de la personne a ordonné à l'entreprise de verser une indemnité de 500 dollars à Alexe Frédéric Migneault, une personne non binaire qui estimait avoir été victime de discrimination.

La plainte portait sur le système de réservation en ligne du salon, qui imposait un choix entre «coupe homme» et «coupe femme». Cette décision avait suscité un retentissement considérable, non seulement au Québec, mais également à l'étranger, et plusieurs spécialistes y avaient vu un possible précédent juridique.

L'Association Coiffure Québec, par la voix de son président Stéphane Roy, s'est engagée à épauler financièrement le salon dans sa démarche d'appel. Selon lui, l'ensemble des coiffeurs du Québec se sont sentis concernés par cette affaire, et la pression de la base était forte pour que l'association intervienne.

Stéphane Roy souligne toutefois que ce combat vise la décision judiciaire elle-même et non les personnes non binaires. L'association juge que le jugement comporte des erreurs et qu'il a été rendu de manière hâtive.

Malgré l'appel, le salon devra tout de même s'acquitter des 500 dollars d'ici le 18 mars, la décision étant exécutoire. Les frais liés à la procédure d'appel sont quant à eux estimés à environ 10 000 dollars, que l'association espère réunir grâce à une campagne de financement participatif.

Un cabinet d'avocats, Loranger Marcoux et Prelia, a par ailleurs accepté de travailler gratuitement sur le dossier, ce qui allégera la facture globale.

Fait notable : Alexis Labrecque révèle avoir été approché par des avocats proches de l'extrême droite qui proposaient de le représenter sans frais. Il a décliné ces offres, soucieux de ne pas associer son entreprise à des mouvances radicales.

Le copropriétaire insiste sur le fait que le milieu de la coiffure tend à être progressiste et qu'il souhaite maintenir une posture centriste et neutre sur le plan politique.

Depuis la médiatisation de l'affaire, plusieurs salons québécois ont modifié leur grille tarifaire en remplaçant les catégories «homme» et «femme» par des distinctions basées sur la longueur des cheveux. Toutefois, selon Stéphane Roy, cette nouvelle approche entraîne des pertes de revenus.

Selon Stéphane Roy, si les prix masculins sont appliqués à toutes les coupes courtes, les femmes aux cheveux courts paieront moins cher, tandis qu'une hausse des tarifs pour les hommes risquerait de faire fuir une partie de la clientèle masculine.

Enfin, le président de l'Association Coiffure Québec appelle les élus à se saisir de la question, estimant qu'il ne revient pas aux professionnels de la coiffure de trancher un enjeu sociétal aussi complexe. Il plaide pour un dialogue posé et réfléchi, loin des réactions extrêmes dans un sens ou dans l'autre.

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Cet article pourrait avoir été rédigé à l'aide de certains outils d'IA.

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