Plus de Québécois feront faillite cette année
La fin des aides gouvernementales y est pour quelque chose.
La fin des aides financières pourrait cause une hausse importante des faillites cette année, rapporte TVA Nouvelles.
« Pour bien des raisons qui nous échappent, il y a bien des choses lors de la pandémie qui sont inexplicables. L'une d'entre, c'est une baisse des faillites et de l'insolvabilité, autant personnelles que commerciales », a fait savoir Fabien Tremblay, syndic chez Tremblay et Cie, à Chicoutimi, en entrevue à TVA Nouvelles.
Depuis le début de la pandémie, les faillites personnelles ont baissé de 30 à 40 %. Mais une fois la fin des aides gouvernementales, elles pourraient rapidement remonter.
« Tout le monde dans notre domaine s'attend à ce qu'il y ait un ressac. Un bon. Mais on le prévoyait comme deux mois après le début de la pandémie et là ça fait deux ans », a ajouté M. Tremblay.
« Équifax l'a noté, On a vu au troisième trimestre de 2021, une augmentation des dépenses avec les cartes de crédit. Une petite augmentation dans les soldes impayés sur les cartes de crédit. Une grosse augmentation au niveau des hypothèques, Il y a quand même une augmentation de 20 % dans les soldes hypothécaires, par rapport à 2019 », note de son côté Pierre Fortin, syndic chez Jean Fortin & Associés, en entrevue à TVA Nouvelles.
Les experts en solvabilité soulignent l'importance de demander de l'aide si vous éprouvez des difficultés financières.
« Se faire un budget, c'est toujours bon, mais, avec ce qu'on a vécu depuis deux ans, il faut aller un peu plus loin. On a rénové nos maisons, acheté des véhicules de loisirs. Il va falloir regarder notre capacité de remboursement pour savoir si elle est là. Il ne faut pas avoir peur de consulter », estime Éric Morin, associé insolvabilité chez Raymond Chabot Grant Thornton.
«Il y a plus d'appels de demande de conseil. Beaucoup de choses qui peuvent être faites aux entreprises avec des prévisions, un plan de redressement. La rentabilité n'est pas nécessairement là depuis deux ans. Ça va être important de recalibrer tout ça », a-t-il ajouté.
« Beaucoup de petites entreprises ont utilisé ce montant comme fonds de roulement. Et maintenant, elles n'ont plus de fonds de roulement. Les 60 000$ sont épuisés et c'est ce qui fait que certains peut-être se découragent», ajoute Fabien Tremblay.
D'ailleurs, certaines petites et moyennes entreprises ont reçu des prêts plus élevés que ce qu'elles pouvaient se permettre.
« C'est de l'endettement qu'ils n'auraient peut-être pas eu accès en temps normal. C'est beau, ils ont eu l'argent. Ils ont pu survivre à cela, mais un jour ou l'autre, il va falloir rembourser ces sommes-là et c'est ça qui commence à peser très lourd. Les caractéristiques de la bulle ne sont plus là. Et 2022, ça va être le retour à la réalité. Et pour certains, malheureusement, ça va être une réalité qui va être assez brusque », selon Pierre Fortin, qui précise que l'inflation pourrait également avoir des conséquences.
« La nourriture, c'est le troisième poste budgétaire dans le budget des familles. Le transport c'est le deuxième. Donc, ce sont de gros postes budgétaires. Et si les taux d'intérêt commencent à augmenter... »
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