
Ça a le mérite d'être clair et il y a peut-être de quoi s'inquiéter...
Le président-directeur général de la Banque Nationale, Laurent Ferreira, se dit préoccupé par les risques qu'une remontée des taux d'intérêt ferait peser sur l'économie canadienne, tout en invitant la Banque du Canada à la prudence.
C'est vendredi, lors de l'assemblée annuelle des actionnaires de la Banque Nationale, que le président-directeur général Laurent Ferreira s'est prononcé au sujet de la politique monétaire canadienne et de l'avenir énergétique du Québec.
Le dirigeant s'est montré particulièrement préoccupé par les risques qu'une remontée des taux d'intérêt ferait peser sur l'économie canadienne dans un contexte déjà fragilisé par les tensions commerciales et géopolitiques.
Laurent Ferreira a exhorté la Banque du Canada à adopter une approche mesurée dans sa gestion de la politique monétaire, notamment si l'inflation venait à grimper en raison de facteurs échappant au contrôle du pays. Selon lui, le choc inflationniste qui menace le Canada est de nature exogène, et relever les taux d'intérêt dans ces circonstances causerait un tort considérable aux consommateurs canadiens.
Le banquier a évoqué un risque réel de stagflation, soit une combinaison toxique d'inflation élevée et de stagnation économique, dans un marché de l'emploi qu'il qualifie de «plutôt difficile en ce moment».

Le PDG de la Banque Nationale estime d'ailleurs que la situation actuelle est plus fragile que celle de 2022, lorsque le Canada avait connu une poussée inflationniste importante. Les effets concrets de la guerre commerciale et des tarifs douaniers ne se sont pas encore pleinement fait sentir, ce qui laisse présager une augmentation significative de l'inflation dans les mois à venir, selon ses projections.
Au-delà des questions monétaires, Laurent Ferreira a consacré une part importante de son intervention à la question énergétique québécoise. Il observe que plusieurs provinces canadiennes ont déjà pris les devants face au contexte géopolitique actuel.
Alors que la Colombie-Britannique accélère ses projets miniers et de gaz naturel liquéfié, le Manitoba fait progresser le développement du port de Churchill et l'Ontario mise sur les minéraux critiques et l'énergie nucléaire. M. Ferreira a fait remarquer que le Québec risque de son côté de prendre du retard s'il ne passe pas rapidement à l'action.
Le PDG de la Banque Nationale a plaidé en faveur de modifications législatives pour permettre l'exploitation du gaz naturel québécois, quatre ans après l'adoption d'une loi interdisant toute exploration et exploitation d'hydrocarbures dans la province. Il juge aberrant que plus de la moitié du gaz naturel consommé au Québec et en Ontario provienne des États-Unis, principalement de Pennsylvanie, alors que le Québec détient environ 20 % des ressources gazières canadiennes.
Enfin, Laurent Ferreira a également proposé une vision ambitieuse de collaboration interprovinciale en matière d'électricité. Il suggère que l'Ontario et le Québec créent un réseau intégré combinant hydroélectricité et énergie nucléaire, en unissant les forces d'Hydro-Québec et d'Hydro One, le plus important réseau de transport d'électricité ontarien. Cette alliance permettrait, selon lui, d'optimiser les capacités énergétiques des deux provinces, de réduire les coûts pour la population et de transformer le corridor Québec-Ontario en la plus puissante «batterie» d'Amérique du Nord. Il a d'ailleurs déploré qu'il semble plus facile de construire des lignes de transmission vers les États-Unis qu'entre provinces canadiennes.
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Il travaille dans le domaine des communications depuis plus d'une dizaine d'années, en plus d'être passionné par tout ce qui concerne les actualités. Autant intéressé par les fluctuations de l'économie que par les histoires loufoques et insolites, sa curiosité fait en sorte qu'il ne s'ennuie jamais.
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