
Paul St-Pierre Plamondon lui a répondu sèchement...
La simple évocation d’un référendum sur la souveraineté aurait déjà un prix. Selon le ministre Eric Girard, cette éventualité se reflète déjà dans les finances de l’État: une facture d’au moins 100 millions de dollars sur cinq ans, estime-t-il.
« Économiquement, ce n’est pas du tout un bon projet », a-t-il affirmé mercredi durant une mêlée de presse à l’Assemblée nationale.
« Ça coûte plus cher à emprunter en raison de la perspective d’un référendum dans un premier mandat », a expliqué le ministre des Finances. Selon lui, les marchés exigeraient actuellement une prime d’environ cinq points de base en raison de l'incertitude entourant un éventuel projet référendaire. D'après son calcul, sur un coût moyen d’emprunt passé de 4 % à 4,05 %, et avec des besoins annuels d’environ 40 milliards de dollars, la différence représente 20 millions par année, soit 100 millions au bout de cinq ans.

Un projet légitime, mais difficile sur le plan économique
Pour étayer son analyse, Eric Girard soutient avoir comparé les écarts de taux entre le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique. À ses yeux, la progression du Parti québécois dans les sondages suffit à nourrir la prudence des investisseurs. Même sans prise du pouvoir, la possibilité d’un changement de cap constitutionnel alimente un climat d’attentisme.
« La souveraineté est un projet politique légitime, mais économiquement ce serait extrêmement difficile », a-t-il ajouté. Il a également déclaré que « la majorité des Québécois sont contre un référendum et, s’il y en avait un, voteraient contre ».
Le ministre a par ailleurs souligné que le gouvernement fédéral dépense chaque année plus de 20 milliards de dollars de plus au Québec qu’il n’y perçoit en revenus, dont environ 12 milliards en péréquation. Perdre ces transferts compliquerait davantage l’équation budgétaire, à son avis.
Lors d'un point de presse, Paul St-Pierre Plamondon a répondu sèchement aux propos d'Eric Girard.
« Il faut vraiment avoir du front pour ensuite essayer de prendre cette responsabilité-là et la mettre sur la tenue d'un référendum », a lancé le chef du PQ. « La situation financière dans laquelle le Québec se trouve actuellement est à l'évidence liée à l'incompétence du gouvernement sur le plan budgétaire », a-t-il affirmé.
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