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Crédit photo: Capture d'écran vidéo Facebook Fédération de la relève agricole du Québec

Une jeune agricultrice québécoise se vide le cœur sur les difficultés de son métier

« J’étais plus riche quand j’avais mon emploi étudiant à temps partiel »

Émilie Plante

Émilie Plante


À 31 ans, Sarah Lussier doit se rendre à l'évidence: le métier qu’elle a toujours voulu exercer l’appauvrit davantage qu’il ne la fait vivre. L'agricultrice Cofondatrice de Ferme VERTI à Cap-Santé a décidé de prendre la parole afin de témoigner de la réalité vécue par la relève dans le domaine.

Son cri du cœur qui a été publié par La Terre de chez nous, elle l'a également partagé sur la page Facebook de son entreprise qui est spécialisée dans la culture hydroponique de fines herbes.

C'est avec son conjoint Dominic Martel qu'elle a transformé une ancienne étable en ferme verticale en pleine pandémie. Le projet a trouvé ses débouchés dans les restaurants et les grandes chaînes d’alimentation, mais pourtant, les revenus ne suffisent pas à faire vivre le couple. M. Martel exerce toujours comme CPA à l’extérieur de l’entreprise afin d'« am[ener] le pain sur la table », a-t-elle confié à TVA Nouvelles.

Quand l'épuisement frappe

Il y a trois ans, Sarah Lussier a frappé un mur. L’épuisement professionnel la guettait, un sort que subissent d'autres compatriotes de sa génération. Aujourd’hui remise sur pied, elle choisit de parler, non par amertume, mais par lucidité. Elle estime que l’on romantise encore trop l’agriculture, en oubliant qu’une vocation ne remplace pas un revenu décent.

Les difficultés financières se multiplient dans le secteur: entreprises sous protection de leurs créanciers, fermes incapables de rembourser leurs dettes, agriculteurs contraints de cumuler les emplois pour joindre les deux bouts. Sarah Lussier a elle-même eu une période difficile à traverser et a pu obtenir un fonds d’urgence de 50 000 $.

Ces mesures ponctuelles ne suffisent pas, à son avis. Le gouvernement devrait en faire plus. Elle souhaite que les règles encadrant les produits importés soient revues afin d’assurer une concurrence plus équitable et plaide pour une aide financière mieux adaptée aux réalités du terrain.

L'agricultrice interpelle également les consommateurs, les invitant à privilégier les produits d’ici, à questionner les détaillants, à fréquenter les marchés publics et même à s'approvisionner dans les fermes lorsqu'ils le peuvent.

Pour lire son cri du cœur:

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