
Ça pourrait faire mal à votre portefeuille au cours des prochains jours...
Le conflit en Iran secoue déjà l’économie mondiale et les experts anticipent déjà les impacts des récentes frappes américano-israéliennes sur les cours du pétrole.
C'est ce qu'a expliqué le chroniqueur économique Pierre-Olivier Zappa ce lundi en réponse à un lecteur s'inquiétant des répercussions des événements qui se sont produits cette fin de semaine au Moyen-Orient.
Dans son article, Zappa a souligné qu'avant même la réouverture des marchés lundi matin, les analystes prévoyaient que le prix du pétrole pourrait augmenter de 5 à 15 %. Le baril de Brent (une des références pour le prix du pétrole) est déjà en hausse de 20 % depuis le début de l’année et vendredi soir, il atteignait 73 $. Le chroniqueur a poursuivi en disant que les experts « jugent plausible » que le baril atteigne les 100 $ à la pompe. Pour les automobilistes, cela signifierait 20 à 30 cents de plus par litre, soit jusqu’à 18 dollars de plus pour un plein de 60 litres, a-t-il ajouté.

Un détroit qui secoue les marchés
Pourquoi le conflit en Iran provoque-t-il une telle variation de prix alors que le pays ne représente qu’une modeste part de la production mondiale? « Le vrai nerf de la guerre, c’est la logistique », affirme Zappa.
La réponse se trouve dans un corridor maritime étroit de 50 kilomètres: le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un baril de pétrole sur cinq. Ce week‑end, ce passage a été la cible de missiles qui ont touché deux pétroliers. De nombreux navires ont été à l'arrêt et même si le détroit demeure ouvert, ces « perturbations pourraient coûter cher », prévoit le chroniqueur.
D'autres éléments perturbateurs à surveiller
Zappa a également ajouté que ces perturbations paralysent déjà le transport maritime. MSC, Maersk et CMA CGM, les trois géants du secteur, ont suspendu leurs opérations dans le Golfe Persique. « Ces trois sociétés transportent ensemble une part énorme des biens de consommation qui atterrissent dans nos magasins », indique-t-il.
Plusieurs ports ont aussi interrompu leurs activités et le trafic aérien de la région est fortement perturbé. Les aéroports de Dubaï, Doha et Abu Dhabi sont à l’arrêt, forçant Air Canada, British Airways, Emirates et plusieurs autres compagnies à annuler ou réduire leurs vols.
Un autre expert se prononce
Invité au micro du 99,5 Montréal, Carol Montreuil, vice-président de l’Association canadienne des carburants, croit qu'un impact pourrait effectivement se faire sentir à la pompe au cours des prochains jours.
« La relation est assez directe entre le prix de la matière première et le prix à la pompe. Les compagnies fonctionnent sous le système qu’on appelle last in, first out : le dernier baril qui rentre, c’est le premier qui sort. Il n’y a pas de jeu d’inventaires. À la hausse ou à la baisse, ça se produit très rapidement », prévient-il.

Et même si le Canada et les États-Unis produisent du pétrole, « tous les marchés sont connectés », indique l'expert. Ce n’est pas tant la quantité de pétrole disponible qui est en jeu que la rapidité d’accès aux approvisionnements qui alimente la nervosité et provoque une hausse des prix. Selon Carol Montreuil, « la hausse que l’on voit ce matin n’est peut-être pas la dernière ».
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