
« Ça fait dur un peu »
Les consommateurs qui fréquentent les magasins Super C ont eu une mauvaise surprise ces derniers jours : les rayons de fruits et légumes se vident à vue d'œil.
Ces ruptures de stock seraient liées à un arrêt de travail au centre de distribution Metro situé à Laval, qui paralyse l'approvisionnement de l'enseigne à bas prix. Et selon les déclarations de la direction de Metro, cette situation inconfortable pourrait perdurer encore plusieurs jours.
Depuis lundi dernier, environ 550 employés du centre de distribution lavallois, du siège social ainsi que les chauffeurs de l'entrepôt Mérite 1 à Rivière-des-Prairies ont cessé le travail.
Ce jeudi, les grévistes ont repoussé en assemblée générale la proposition salariale patronale, jugée nettement insuffisante. L'offre prévoyait une hausse de 11 % répartie sur six ans, ce qui, selon le syndicat, ne représenterait qu'environ 1 % d'augmentation pour les travailleurs les moins rémunérés.
Les conséquences sont déjà bien visibles dans les succursales.
Dans un Super C du boulevard Cousineau à Longueuil, des étalages clairsemés et des affiches d'excuses accueillaient les clients jeudi matin. Dans un autre point de vente, à la Place Désormeaux, les bananes brillaient par leur absence.
Des avis installés en magasin mentionnaient des «circonstances hors de notre contrôle» pour expliquer l'indisponibilité de certains produits.
Marie-Claude Bacon, vice-présidente aux affaires communications de Metro, a affirmé qu'un plan de contingence était en cours de déploiement et que le retour des fruits et légumes en magasin n'était qu'une question de jours.
Elle s'est toutefois dite étonnée par les déclarations publiques du syndicat, contestant même qu'une offre formelle ait été soumise aux membres, précisant que des séances de négociation étaient prévues en début de semaine: «Nous démentons avoir fait une offre à présenter aux membres. Nous avions prévu continuer de négocier lundi, mardi et mercredi dernier.»
Du côté syndical, la colère est palpable. Matthieu Lafontaine, président du Syndicat des travailleurs et travailleuses des épiciers unis Metro-Richelieu-CSN, a souligné l'exaspération des employés.
Parmi les revendications figurent des salaires décents face à l'inflation, un encadrement de la sous-traitance dans le transport — un phénomène désigné sous le terme de « Chauffeurs inc. » —, de meilleures conditions en matière de santé et sécurité au travail, ainsi que la protection du télétravail.
Le syndicat met en lumière un contraste saisissant entre la prospérité de l'entreprise et la rémunération de ses employés. Au cours des six dernières années, le chiffre d'affaires de Metro a bondi de 28 %, les profits ont grimpé de 39 % et les dividendes versés aux actionnaires ont explosé de 56 %.
Pendant ce temps, les salaires des travailleurs n'ont progressé que de 11 %, selon Serge Monette, vice-président de la Fédération du commerce-CSN: «En six ans, le chiffre d’affaires a grimpé de 28 %, les profits ont augmenté de 39 % et les dividendes aux actionnaires de 56 %. Les salaires des employé-es, pour la même période ? Seulement 11 %»
Rappelons enfin que la rémunération du PDG de Metro, Éric La Flèche, a atteint 6,8 millions de dollars en 2025, soit une progression de 11 % incluant une bonification de 700 000 dollars, et ce, dans un contexte où les prix en épicerie ont augmenté de 5 %.
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Cet article pourrait avoir été rédigé à l'aide de certains outils d'IA.