
Les experts ont tranché...
La multiplication des épiceries à bas prix au Québec est en train de redessiner le paysage commercial montréalais, et même un colosse comme Walmart en subit les conséquences directes.
Walmart a confirmé que trois de ses succursales — situées à Côte-des-Neiges, Pointe-aux-Trembles et Dorval — cesseront leurs activités au cours de l'été 2026.
Selon plusieurs spécialistes du commerce de détail, cette décision est largement attribuable à la pression exercée par des bannières québécoises et canadiennes comme Maxi et Super C, qui se sont implantées de manière agressive à proximité immédiate de ces magasins.
Pendant longtemps, Walmart incarnait à lui seul la promesse du prix le plus bas, mais cette époque semble révolue.
Marie-Noëlle Cano, présidente de Cano Intelligence Collective et experte en expérience client, souligne que la part de marché que détenait autrefois le géant américain sur le terrain des bas prix est désormais disputée par plusieurs concurrents. Des enseignes comme Maxi s'installent dans des secteurs où on ne les attendait pas, tandis que Super C renforce également sa présence.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : à Dorval, à peine 140 mètres séparent le Walmart d'un Maxi. À Côte-des-Neiges, un Maxi&Cie se trouve à environ 260 mètres. Quant à Pointe-aux-Trembles, les consommateurs disposent d'un Super C, d'un Maxi et d'un Walmart dans un périmètre de 500 mètres seulement.

Cette proximité géographique extrême crée une véritable guerre d'usure commerciale.
Luc Dupont, professeur de communication à l'Université d'Ottawa, qualifie la situation de remarquable. Selon lui, des enseignes comme Maxi, Super C et même Dollarama sont capables de mener des batailles très localisées face à un Walmart et d'en sortir victorieuses. Le professeur a d'ailleur fait remarquer qu'il s'agit d'une forme de guérilla marketing où les acteurs locaux exploitent leur connaissance du terrain et leur agilité pour grignoter des parts de marché.
Au-delà de la concurrence directe, c'est aussi la question de la saturation du marché qui se pose.
Marie-Noëlle Cano rappelle que les habitudes des consommateurs ont évolué, tout comme leur perception des meilleurs prix, sans que la population québécoise ait significativement augmenté ces cinq dernières années. L'arrivée de Sobeys (IGA) dans le segment du bas prix, avec l'acquisition de quatre magasins-entrepôts Mayrand spécialisés dans la vente en gros format, vient encore intensifier la compétition sur l'île de Montréal.

Jean-François Grenier, directeur principal du Groupe Altus, apporte une nuance importante : deux des trois établissements qui fermeront sont des Walmart de format traditionnel, où l'offre alimentaire reste limitée par rapport aux Supercentres. Ce format moins complet a pu inciter les clients à se tourner vers d'autres options pour leurs courses alimentaires.
M. Grenier estime également que le commerce en ligne constitue désormais une alternative viable au maintien de succursales peu performantes.
Ces fermetures ne signifient toutefois pas la fin de Walmart au Québec.
L'entreprise, qui compte 70 magasins et 12 000 employés dans la province, a annoncé un investissement de plus de 150 millions de dollars pour l'exercice financier en cours. Ce budget servira notamment à ouvrir un Supercentre relocalisé à Sherbrooke et à rénover 18 succursales.
Les experts s'accordent toutefois à dire que l'ère de la grande expansion de Walmart au Québec est probablement terminée.
Enfin, comme le résume Luc Dupont, il est peu probable que le détaillant américain ouvre une dizaine de nouveaux magasins dans la province au cours des prochaines années.
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Il travaille dans le domaine des communications depuis plus d'une dizaine d'années, en plus d'être passionné par tout ce qui concerne les actualités. Autant intéressé par les fluctuations de l'économie que par les histoires loufoques et insolites, sa curiosité fait en sorte qu'il ne s'ennuie jamais.
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