
Le gouvernement Fréchette détaxe barres tendres, muffins et papier hygiénique dans un plan de 682 millions $.
La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a dévoilé lundi un ensemble de mesures totalisant 682 millions de dollars pour tenter d'alléger le fardeau financier des ménages québécois. Parmi les annonces phares, l'abolition permanente de la taxe de vente du Québec (TVQ) sur une série de produits courants vendus en épicerie, en pharmacie et dans les dépanneurs. Cette détaxation entrera en vigueur le 15 juillet 2026, laissant ainsi le temps aux commerçants de s'adapter.
Lors d'une conférence de presse tenue dans un supermarché de Sherbrooke, la première ministre a expliqué vouloir corriger ce qu'elle qualifie d'incohérences dans la loi actuelle sur la taxe de vente. Par exemple, un muffin acheté en paquet de six n'était pas taxé, mais le même muffin vendu à l'unité l'était. Ce genre de situation sera désormais chose du passé.
Concrètement, les produits qui ne seront plus soumis à la TVQ comprennent les fruits et légumes prêts à manger, comme les salades de fruits et les plateaux de crudités déjà coupées. Les collations à base de granola, notamment les barres tendres, ainsi que les noix et graines salées figurent également sur la liste. Le papier hygiénique et les mouchoirs en papier seront aussi détaxés. Enfin, plusieurs aliments qui étaient déjà exemptés de taxes en format régulier, mais qui devenaient taxables lorsqu'ils étaient vendus en petit format ou à l'unité, seront uniformément détaxés. On pense ici aux muffins individuels, aux produits de boulangerie sucrés, à la crème glacée et aux poudings.
Selon le ministre des Finances, Eric Girard, cette mesure représente un manque à gagner d'environ 102 millions de dollars par année pour les coffres de l'État. Pour les familles, l'économie se chiffre à environ 50 dollars annuellement pour un couple avec deux enfants. Un montant modeste, certes, mais qui s'inscrit dans un ensemble plus large de gestes posés par le gouvernement.
Cette détaxation vient d'ailleurs s'ajouter à une longue liste de produits alimentaires qui échappaient déjà aux taxes de vente. La viande, les céréales, les fruits et légumes non transformés, les oeufs, le pain, le poisson et les produits laitiers de base comme le lait nature, le fromage et le beurre étaient déjà exemptés depuis longtemps.
Au-delà de la détaxation en épicerie, le gouvernement a également annoncé deux autres mesures importantes. D'abord, un versement spécial pour l'épicerie et l'énergie sera effectué le 4 juin prochain aux bénéficiaires du crédit d'impôt pour solidarité. Cette aide ponctuelle pourra atteindre 200 dollars par ménage, soit 100 dollars pour une personne seule, 150 dollars pour un couple, avec un supplément de 50 dollars pour les familles avec enfants. Environ 3,5 millions de Québécois seraient touchés, incluant des travailleurs à faibles et moyens revenus, des retraités et des étudiants. Le coût de cette mesure est estimé à 335 millions de dollars.
Ensuite, à compter de septembre 2026, les propriétaires de véhicules de promenade bénéficieront d'une réduction de 50 dollars sur le renouvellement de leurs droits d'immatriculation. Près de 4,9 millions de véhicules pourraient être admissibles, pour une facture de 245 millions de dollars assumée directement par le gouvernement.
Eric Girard a tenu à rassurer la population sur l'état des finances publiques, affirmant que la dette est bien gérée et que le gouvernement dispose de la marge de manoeuvre nécessaire. Il a toutefois reconnu avoir exprimé ses préoccupations par courriel à la première ministre concernant le rythme des annonces depuis son arrivée au pouvoir, tout en relativisant la portée de cette correspondance.
Les partis d'opposition n'ont pas tardé à réagir. Le député péquiste Alex Boissonneault a accusé la CAQ de répéter la stratégie de François Legault en utilisant les fonds publics à des fins électoralistes, rappelant les conséquences passées de cette approche, notamment la décote du Québec et l'explosion des déficits. Le chef libéral Charles Milliard a quant à lui dénoncé des mesures cosmétiques et populistes financées avec de l'argent que le Québec n'a pas, dans un contexte de déficit de 8,6 milliards de dollars.
Du côté des groupes d'intérêt, l'Alliance Transit s'est interrogée sur la cohérence de réduire les frais d'immatriculation alors que les infrastructures de transport sont en mauvais état, tandis que l'Institut économique de Montréal a soutenu que des chèques ponctuels ne règlent pas le problème structurel du coût de la vie élevé.
Malgré ces critiques, Christine Fréchette maintient que ces gestes répondent directement aux préoccupations exprimées par les Québécois. Elle a souligné que l'inflation, combinée à la hausse du prix de l'essence provoquée par le conflit entre les États-Unis et l'Iran, continue de peser lourdement sur les ménages. L'ensemble des mesures pourrait représenter une aide globale d'environ 350 dollars pour une famille avec deux enfants.
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À propos de l'auteur
Directeur du contenu numérique
Passionné de culture québécoise, de sports en tout genre et véritable mangeur en série d'émissions de télé et de films, il combine ses talents en écriture ainsi que son immense créativité dans ses articles, le tout en apportant une touche humoristique bien à lui. Prenant un immense plaisir à tenter de deviner ce qui nous attends dans la suite d'Antigang ou Indéfendable, il partage avec passion les idées qui germent dans son esprit avec les lecteurs. Diplômé d’arts et lettres au Cégep de Limoilou ainsi que d’intégration multimédia au Cégep de Sainte-Foy, il combine ses deux passions, soit l'écriture et les divers médias numériques, en une seule: soit dans la rédaction d’articles en ligne pour plusieurs sites du groupe d’Attraction Numérique.
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