Éric Duhaime
Éric Duhaime / Parti Conservateur
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Éric Duhaime veut payer les parents qui gardent leurs enfants à la maison

La promesse audacieuse du PCQ qui divise déjà le Québec

Esad Avdic

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Le Parti conservateur du Québec (PCQ) a dévoilé une proposition qui ne manquera pas de faire réagir : verser 100 $ par semaine à chaque famille qui choisit de garder ses enfants à la maison plutôt que de les envoyer en garderie. Cette mesure, estimée à 1,4 milliard de dollars sur cinq ans, s'inscrit dans une vision que le chef Éric Duhaime qualifie lui-même de « nataliste », dans un contexte où le taux de fécondité au Québec atteint un creux historique de 1,36 enfant par femme.

La promesse n'est pas tout à fait nouvelle. Duhaime reconnaît ouvertement qu'il s'agit d'une résurrection d'une mesure phare de l'Action démocratique du Québec (ADQ) de Mario Dumont, qui avait marqué la campagne électorale de 2007. Les montants n'ont toutefois pas été ajustés pour tenir compte de l'inflation depuis cette époque.

Le plan du PCQ pour transformer la garde d'enfants au Québec

Concrètement, le programme baptisé « bon de garde à domicile » offrirait une allocation imposable de 5 200 $ par année, par enfant, aux familles qui ne bénéficient ni d'une place subventionnée en garderie ni du crédit d'impôt pour frais de garde. Pour y avoir droit, la famille devrait résider au Québec et compter au moins un parent travaillant à temps plein, soit un minimum de 35 heures par semaine. Les personnes recevant de l'aide sociale ou travaillant à temps partiel seraient exclues du programme.

Le porte-parole en économie du parti, Adrien Pouliot, a précisé que dans le cas des familles monoparentales, le parent unique devrait occuper un emploi à temps plein pour être admissible. La candidate dans Beauce-Nord, Patricia Drouin, a ajouté que les familles monoparentales profitent déjà de plusieurs programmes d'aide publique.

Duhaime justifie cette proposition en pointant du doigt les lacunes du système actuel. Selon lui, plus de 30 600 enfants se trouvent présentement sur des listes d'attente, tandis que leurs parents contribuent par leurs impôts au financement de places dont ils ne bénéficient pas. Il qualifie le modèle québécois de services de garde de « soviétique » et de « paternaliste », estimant qu'il favorise uniquement les travailleurs aux horaires de bureau traditionnels, au détriment de ceux qui ont des horaires atypiques.

« Allez demander à la serveuse qui travaille le soir ou au père qui fait des horaires une semaine sur deux si les CPE correspondent à leur mode de vie », a lancé le chef conservateur lors d'un point de presse à Saint-Lambert-de-Lauzon, près de Lévis. Vous pouvez regarder le point de presse ci-dessous:

Le PCQ ne souhaite pas pour autant démanteler le réseau existant des centres de la petite enfance. Le parti promet de ne pas définancer les CPE et veut même bonifier le crédit d'impôt pour frais de garde d'enfants dès le 1er avril 2027. Pour une place non subventionnée coûtant environ 55 $ par jour, cette bonification permettrait à une famille de la classe moyenne d'économiser près de 950 $ par enfant annuellement. Selon les calculs du parti, cette mesure rendrait accessibles quelque 10 000 places actuellement vacantes dans les garderies non subventionnées.

Sur le plan financier, le PCQ estime que la bonification du crédit d'impôt, évaluée à 93 millions de dollars par année, serait autofinancée grâce à l'abandon du programme de conversion de places non subventionnées prévu au dernier budget provincial. Quant à l'allocation de garde à domicile, son coût net est estimé à 280 millions de dollars annuellement.

La réaction de la première ministre sortante, Christine Fréchette, n'a pas tardé. Elle a accusé Duhaime de vouloir « défaire le réseau des CPE », un système qu'elle considère comme précieux et qui a permis aux femmes québécoises d'intégrer le marché du travail à un rythme inégalé au Canada. « M. Duhaime veut plus d'autonomie, mais ce que je comprends, c'est que son autonomie s'arrête aux femmes », a-t-elle déclaré depuis Roxton Pond.

Du côté conservateur, on rejette cette critique. Patricia Drouin a insisté sur le fait que le parti souhaite offrir davantage de choix aux femmes plutôt que de les contraindre dans un modèle unique. Duhaime, de son côté, promet des compressions de 47 milliards de dollars dans les dépenses de l'État sur cinq ans, tout en affirmant que ces coupes n'affecteront pas les services publics.

Cette promesse électorale place la question de la garde d'enfants au coeur de la campagne québécoise de 2026. Reste à voir si les familles québécoises y verront une véritable alternative au système actuel ou un recul pour la participation des femmes au marché du travail, un débat qui promet de s'intensifier dans les semaines à venir.

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À propos de l'auteur

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