
Mark Carney dévoile le plus grand investissement de l'histoire de VIA Rail: des trains enfin fabriqués au pays.
Pour la première fois en quatre décennies, les voitures voyageurs de VIA Rail seront construites au Canada.
Le premier ministre Mark Carney vient de frapper un grand coup dans le secteur du transport ferroviaire canadien. En annonçant un investissement massif de plus de 4,7 milliards de dollars pour l'acquisition de 313 nouvelles voitures voyageurs destinées à VIA Rail, le chef du gouvernement fédéral marque un tournant historique. Pour la première fois en quarante ans, ces véhicules seront entièrement conçus et fabriqués sur le sol canadien, mettant fin à des décennies de dépendance envers des manufacturiers étrangers, notamment américains.
Cette annonce s'inscrit dans la politique « Achetez canadien » mise de l'avant par le gouvernement fédéral, qui vise à réduire la dépendance du pays envers un seul partenaire commercial et à renforcer les capacités industrielles nationales. Le contrat a été confié à Alstom Canada, seul fabricant de matériel roulant présent au pays, qui emploie déjà 5 200 personnes à travers le Canada et collabore avec un réseau de plus de 900 fournisseurs locaux.
Concrètement, les travaux de conception et d'ingénierie seront menés à Saint-Bruno-de-Montarville, au Québec. La fabrication des caisses de voitures se déroulera à La Pocatière, également au Québec, tandis que l'assemblage final prendra place à Thunder Bay, en Ontario. Ce projet devrait engendrer la création de près de 700 emplois directs, auxquels s'ajouteront des centaines de postes indirects au sein de la chaîne d'approvisionnement. Les retombées économiques sont estimées à plus de 1,6 milliard de dollars pour l'économie canadienne.
Un renouvellement complet du parc de VIA Rail devenu urgent
L'investissement annoncé répond à un besoin criant. Le parc ferroviaire actuel de VIA Rail, affecté aux liaisons longue distance, régionales et éloignées, approche dangereusement de la fin de sa durée de vie utile. Certains équipements en circulation ont plus de 70 ans, voire 77 ans pour les plus anciens. Cette vétusté compromet la fiabilité et la qualité du service offert aux voyageurs, particulièrement dans les communautés autochtones, rurales et isolées qui dépendent du train comme moyen de transport essentiel.
Les 313 nouvelles voitures de la gamme Adessia d'Alstom se déclineront en neuf configurations distinctes pour répondre aux divers besoins des passagers. On y retrouvera des voitures-coachs, des voitures-lits, des voitures accessibles, des voitures à couchettes, des voitures Prestige, des voitures panoramiques, des voitures à dôme, des voitures-restaurants et des voitures à bagages. Les voyageurs pourront profiter d'intérieurs plus lumineux et spacieux, d'une connectivité numérique améliorée et de mesures de cybersécurité de dernière génération. Les caractéristiques emblématiques de l'expérience ferroviaire canadienne, comme les célèbres voitures-dômes panoramiques et les services de restauration complets, seront préservées.
Cette flotte renouvelée desservira les huit grandes liaisons nationales de VIA Rail à l'extérieur du corridor Québec-Windsor, reliant près de 400 collectivités dans huit provinces. Parmi les destinations concernées figurent Montréal, Halifax, Gaspé, Jonquière, Senneterre, Toronto, Vancouver, Churchill, Prince Rupert, Jasper, Sudbury et White River. En 2025, plus de 216 000 passagers ont utilisé ces services hors corridor.
Cette annonce ne constitue d'ailleurs qu'un volet d'un programme de renouvellement encore plus vaste. Combinée à un investissement de 1,95 milliard de dollars dévoilé récemment pour la production de 45 nouvelles locomotives par le fabricant suisse Stadler et la construction d'une nouvelle installation d'assemblage et de maintenance à Montréal par Pomerleau, l'enveloppe totale consacrée au renouvellement du parc de VIA Rail atteint désormais 6,6 milliards de dollars. L'assemblage final d'un maximum de 36 locomotives sera également réalisé au Canada, une première en plusieurs décennies.
Le contrat avec Alstom comprend non seulement la livraison des voitures, évaluée à environ 4 milliards de dollars, mais aussi un volet de soutien technique et d'approvisionnement en pièces de rechange sur une période de 15 ans, d'une valeur de près de 700 millions de dollars.
Pour le premier ministre Carney, cet investissement représente bien plus qu'un simple renouvellement d'équipement. Il s'agit d'un signal fort envoyé aux travailleurs et aux entreprises du pays. « Des voitures autrefois fabriquées aux États-Unis, désormais fabriquées ici, chez nous. Cela veut dire de nouveaux contrats pour les fournisseurs canadiens, de bons emplois pour les travailleuses et les travailleurs canadiens, et des salaires qui restent dans les villes et les villages du pays », a souligné le premier ministre.
Dans un contexte mondial marqué par l'incertitude commerciale, le gouvernement fédéral mise ainsi sur le renforcement des chaînes d'approvisionnement nationales et la consolidation de la capacité industrielle ferroviaire du pays. Ce pari sur la fabrication locale pourrait redéfinir durablement la manière dont le Canada conçoit ses grands projets d'infrastructure pour les décennies à venir.
Inscrivez-vous à notre infolettre
Recevez les dernières nouvelles directement dans votre boîte de réception.
À propos de l'auteur
Directeur du contenu numérique
Quand il n’est pas devant sa télé à dévorer un film, une série ou un match du CH, Esad transmet avec passion toutes les informations concernent diverses nouvelles que ça soit dans le sport ou le showbiz.
Lire la suiteCet article pourrait avoir été rédigé à l'aide de certains outils d'IA.