
PSPP imite Duhaime : le PQ veut aussi abolir la taxe sur les biens usagés
Le chef péquiste reprend la promesse conservatrice et promet des milliers de dollars d'économies aux familles.
En pleine campagne électorale, Paul St-Pierre Plamondon a choisi de marcher dans les traces d'Éric Duhaime en annonçant que le Parti québécois abolirait la taxe de vente du Québec (TVQ) sur les biens usagés. Cette promesse, déjà mise de l'avant par le Parti conservateur du Québec quelques jours plus tôt, vise à alléger le fardeau financier des ménages québécois dans un contexte où le coût de la vie ne cesse de grimper. Québec solidaire avait également pris position en faveur d'une telle mesure, ce qui isole de plus en plus la CAQ sur cette question.
Le chef péquiste a fait cette annonce lors d'un passage à Trois-Rivières, sa région natale, devant une cinquantaine de militants rassemblés dans les Jardins des Ursulines. Selon les estimations du PQ, le retrait de la TVQ de près de 10 % sur les voitures, les meubles, les électroménagers, les vêtements, les jouets et les équipements sportifs d'occasion priverait le gouvernement de 500 à 700 millions de dollars annuellement, soit environ 2,8 milliards sur un mandat de quatre ans.
Pour illustrer les retombées concrètes de cette mesure, PSPP a donné l'exemple d'un véhicule usagé vendu à 28 000 dollars, sur lequel l'acheteur économiserait 2 800 dollars. En y ajoutant l'acquisition d'un électroménager et de quelques vêtements de seconde main, les familles pourraient conserver jusqu'à 3 000 dollars de plus dans leurs poches chaque année.
Le PQ sur les traces du PCQ : une convergence qui fait jaser
La similitude entre la proposition péquiste et celle des conservateurs n'a pas manqué de soulever des questions. Éric Duhaime avait présenté exactement le même engagement deux jours plus tôt, lors d'un point de presse tenu chez un concessionnaire automobile de Québec. Le chef conservateur avait alors qualifié la TVQ sur les biens usagés de taxe « régressive », « anti-environnement » et « anti-écologique », estimant qu'elle nuit à la réutilisation des objets.
Interrogé sur le fait qu'il semblait copier les idées du PCQ, Paul St-Pierre Plamondon s'est défendu en affirmant qu'il s'agit avant tout d'une « bonne politique ». Il a soutenu qu'il n'est pas surprenant que plusieurs formations politiques convergent vers une telle mesure lorsqu'elle répond à un besoin réel de la population. « Si la réponse c'est oui dans la population, c'est pas surprenant qu'à la fin, il y aura plusieurs partis, sauf la CAQ, qui vont tenter de faire à peu près une mesure dans ce sens-là », a-t-il déclaré.
Le chef péquiste a également mis de l'avant l'argument environnemental pour justifier sa proposition. Selon lui, encourager l'achat de biens usagés favorise l'économie circulaire et les circuits courts, tout en évitant que des objets encore fonctionnels se retrouvent à la poubelle. Il a souligné que le secteur des friperies et des commerces de seconde main connaîtrait une véritable effervescence grâce à cette détaxation.
Du côté de la CAQ, la première ministre sortante Christine Fréchette a fermé la porte à cette idée, estimant que le contexte budgétaire actuel ne permet pas un tel engagement. Elle a évoqué l'investissement considérable que représenterait cette mesure pour les finances publiques. PSPP n'a pas tardé à répliquer, accusant le gouvernement sortant d'avoir dilapidé les fonds publics en subventions aux multinationales, ce qui expliquerait selon lui le manque de marge de manoeuvre financière.
Fait notable, un sondage Léger réalisé pour Le Journal de Montréal et TVA Nouvelles révélait que l'abolition de la TVQ sur les biens usagés est la mesure la plus populaire auprès des électeurs québécois, ce qui explique l'empressement de plusieurs partis à s'en emparer.
Par ailleurs, lors de son passage en Mauricie, le chef du PQ a aussi abordé la question des gaz de schiste, rejetant fermement la proposition d'Éric Duhaime d'en relancer l'exploitation. Il a ironiquement suggéré de mener un projet-pilote dans Bellechasse, la circonscription du chef conservateur, pour voir comment les résidents réagiraient à la présence de puits dans leur voisinage.
Cette convergence entre le PQ et le PCQ sur la détaxation des biens usagés illustre à quel point le coût de la vie s'impose comme l'enjeu central de cette campagne électorale. Reste à voir si cette promesse partagée par plusieurs partis d'opposition suffira à convaincre les électeurs au moment du vote.
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