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Voici pourquoi le nouveau service de livraison de la SAQ fait déjà sourciller

Même pas encore lancé, le nouveau service de livraison de la SAQ fait déjà jaser...

Émilie Plante

Émilie Plante


D’ici la fin février, commander une bouteille de vin pourrait ressembler à une commande de pizza pour les Montréalais. La Société des alcools du Québec (SAQ) lancera un projet pilote de livraison en une heure sur l’île de Montréal en partenariat avec Uber Eats.

Environ 150 produits seront proposés sur l'application. Il s'agit d'une petite fraction de son catalogue de 20 000 articles, dans ce que la société d’État qualifie elle-même d’« offre de dépannage ».

Si l’expérience s’avère concluante, le service pourrait être élargi ailleurs au Québec et à d’autres plateformes jugées admissibles. La SAQ a choisi Uber Eats au terme d’un processus de préqualification auquel quatre entreprises ont participé.

Les livreurs d’Uber Eats devront suivre une formation portant sur l’éthique de vente, la vérification de l’âge et les règles de livraison. La SAQ prévoit entre quatre et six semaines pour recruter et former les équipes. La société d'État indique également que les bouteilles brisées seront remplacées aux frais d’Uber et que des clients mystère vérifieront si les normes sont respectées.

Un appel d’offres qui exclut les acteurs locaux

L’un des critères exigés, soit un minimum de 100 000 comptes clients actifs au Québec, écartait d’emblée plusieurs plateformes d’ici, dont Eva, pourtant déjà partenaire de la SQDC et rentable depuis deux ans.

« On s’y attendait », a reconnu son cofondateur, Dardan Isufi, lors d'une entrevue avec La Presse. Selon lui, la SAQ cherchait avant tout une place de marché clés en main, alors qu’Eva privilégie une intégration directe sur les sites de ses partenaires.

Pour certains observateurs, cette décision reflète une logique strictement commerciale. Interrogé par le Journal de Montréal, Frédéric Laurin, professeur en économie à l’UQTR, a affirmé que la SAQ fonctionne comme un grand détaillant qui cherche à « maximiser son profit de façon la plus technique possible ».

Le choix d’Uber Eats soulève aussi des questions sur les conditions de travail des livreurs. Le chercheur postdoctoral Éric Baril de l’Université Concordia juge la décision « surprenante ». Il a indiqué à La Presse que des plateformes québécoises traitent mieux leurs employés. Le chercheur pense que la SAQ a pu vouloir séduire une clientèle plus jeune et très présente sur les applications de livraison.

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Un autre projet pilote malgré un contexte financier difficile

La SAQ a récemment annoncé des résultats négatifs pour un autre trimestre et multiplie depuis plusieurs mois les initiatives pour stimuler les ventes.

Parmi elles, mentionnons les Zones SAQ, de petits étalages installés dans des épiceries et des dépanneurs qui offrent entre 30 et 40 produits. Après avoir mis leur expansion sur pause à l’automne, la société d’État prévoit maintenant en déployer 92 d’ici l’été 2026. La direction affirme que les résultats sont suffisamment encourageants pour poursuivre le projet.

Autre expérimentation: la SAQ POP, un espace de dégustation ouvert pendant cinq mois sur l’avenue du Mont-Royal. Le projet a pris fin en décembre.

Rappelons qu'en 2025, la société d'État a fermé 8 succursales. Les points de vente du Mail Champlain et du Centre Eaton disparaîtront à leur tour cette année en raison d'un « achalandage insuffisant ».

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